Ayant mûrement examiné quel usage je pourrais faire de la liberté que je m’arrogeais, je ne vis, hors des travaux de l’esprit, rien qui me convînt en ce monde. Aux premiers temps de mon détachement du catholicisme, j’avais été travaillé sans doute par de vastes ambitions ; j’avais fait des projets gigantesques ; j’avais médité la réforme de l’Église sur un plan plus vaste que celui de Luther ; j’avais rêvé le développement du protestantisme. C’est que, comme Luther, j’étais chrétien ; et, conçu dans le sein de l’Église, je ne pouvais imaginer une religion, si émancipée qu’elle se fît, qui ne fût d’abord engendrée par l’Église. Mais, en cessant de croire au Christ, en devenant philosophe comme mon siècle, je ne voyais plus le moyen d’être un novateur ; on avait tout osé. En fait de liberté

