« Maman, cria-t-elle, voilà une femme qui me demande la soupe. – Eh bien ! donne-la-lui, si c’est une mendiante, répondit une voix dans la maison ; le cochon n’en a pas besoin. » L’enfant versa dans mes mains la soupe qui, en refroidissant, était devenue presque ferme ; je la dévorai avidement. Voyant la nuit venir, je m’arrêtai dans un sentier solitaire, où je me promenais depuis plus d’une heure. « Mes forces m’abandonnent, me dis-je ; je sens bien que je ne pourrai pas aller beaucoup plus loin : vais-je encore passer cette nuit comme une vagabonde ? faudra-t-il, maintenant que la pluie commence à tomber, poser ma tête sur le sol froid et humide ? Je crains de ne pas pouvoir faire autrement ; car qui voudra me recevoir ? Mais ce sera horrible avec cette faim, ce froid, cette faibless

