Le rugissement des serveurs n'était plus un simple bourdonnement industriel ; c'était devenu un cri de guerre électronique qui faisait vibrer la structure même du bunker. À l'intérieur de la Boîte Noire, l'air s'était chargé d'électricité statique, saturé par l'ozone et la chaleur dégagée par les processeurs poussés à leur point de rupture. Chaque poil sur mes bras était dressé alors que je luttais contre l'interface haptique, mes doigts glissant sur la surface de la sphère noire, mêlant ma sueur au sang séché de mon père. Les colonnes de cristal, autrefois d'un bleu apaisant, viraient maintenant au cramoisi profond. Le système de refroidissement, incapable de compenser l'attaque acoustique extérieure qui faisait entrer les parois en résonance, commençait à lâcher. Soudain, un craquement

