Le passage souterrain était une faille de calcaire et d’humidité, une artère oubliée qui serpentait sous la Citadelle comme un secret honteux. Derrière nous, le fracas des rotors et les explosions de lumière violette s'étouffaient, remplacés par le son rythmé de nos respirations hachées et le martèlement de nos pas sur la pierre inégale. Je trébuchais, mes doigts effleurant les parois poisseuses, mais la main d'Aris me maintenait debout. — "Ne regarde pas en arrière," souffla-t-il, sa voix résonnant comme un avertissement funèbre dans l'obscurité. "Ce que tu as vu là-haut... ce n'est plus le domaine de la linguistique. C'est de la guerre pure." Mais comment ne pas regarder en arrière ? L'image de Yassine, ou de cette entité qui portait son visage, restait gravée sur mes rétines comme une

