Le ciel au-dessus de l'Atlantique Nord n'était plus qu'une plaie ouverte, un mélange de gris anthracite et de reflets métalliques qui semblait peser sur le mât du Borealis. La température était tombée bien en dessous de zéro, transformant les embruns en une fine pellicule de givre qui recouvrait chaque treuil, chaque rambarde, chaque millimètre de la coque. Dans le laboratoire, l'atmosphère était devenue électrique. Elena n'avait pas dormi depuis quarante-huit heures. Ses doigts, engourdis par le froid et l'adrénaline, couraient sur les claviers avec une frénésie qui confinait à la transe. Yassine, quant à lui, s'occupait de la logistique du chaos. Il venait de descendre dans la cale de lancement, là où le mini-submersible de recherche, baptisé Le Léviathan par un équipage disparu depuis

