Le fracas de la grille se refermant derrière nous résonna comme le couperet d'une guillotine sur le cou du temps. À l'extérieur, le monde de Séville continuait de vibrer sous cette lumière violette, une aurore boréale artificielle qui dévorait l'âme de Malika, mais ici, derrière les murs de l'Alcázar, l'air avait une tout autre consistance. Il était frais, immobile, chargé d'une densité minérale qui semblait opposer une résistance physique à l'intrusion des ondes. Je m'effondrai sur les dalles de pierre, mes poumons brûlant d'un air qui ne sentait plus l'ozone mais le jasmin nocturne et la poussière de siècles. Mes mains, encore tachées de cette encre rebelle, tremblaient si violemment que je dus les enfouir dans la terre humide d'un parterre de fleurs pour ne pas hurler de douleur et de r

