Le ciel au-dessus de la mine de Concordia n'était plus qu'une plaie béante, une étendue de gris ferraille où la pluie de printemps tombait avec une régularité de métronome, lavant le sang et la poussière de nos visages mais échouant à éteindre l'incendie qui ravageait mon âme. En débouchant de la grille de drainage, le choc n’avait pas été thermique, mais visuel. Nous étions deux silhouettes dérisoires, courbées par l'épuisement et le deuil, face à une muraille d'acier. Le périmètre de décharge était devenu une arène : des colonnes de blindés "Goliath" aux chenilles couvertes de boue encerclaient le plateau, leurs canons électromagnétiques pointés vers nous comme les doigts accusateurs d'un dieu vengeur. Au-dessus de nos têtes, le vrombissement des drones n’était plus un simple bruit de f

