Le Vesperia luttait désormais contre une mer démontée, chaque déferlante s'abattant sur le pont avec la violence d'un verdict sans appel. À l'intérieur du carré, l'air était saturé de l'odeur de l'iode, du sang séché et de la peur métallique qui suinte des corps à bout de forces. Adrien était étendu sur la banquette étroite, son visage livide contrastant avec les pansements de fortune que le capitaine avait posés sur ses plaies. Ses paupières papillonnaient, luttant contre l'inconscience, tandis que je restais assise en face de lui, l'ordinateur portable brûlant mes genoux de sa chaleur artificielle. Je le regardais, ce "Ghost" qui avait risqué sa vie pour me repêcher dans l'abysse, et je ne voyais plus seulement un protecteur. Je voyais l'héritier d'une fortune bâtie sur le silence forcé

