Le cercle rituel fut tracé dans la salle la plus ancienne du manoir, un sanctuaire enfoui sous des strates de pierre et de silence que même le temps semblait craindre. Les murs y étaient gravés de runes primitives, certaines si anciennes qu’aucun des royaumes connus n’en revendiquait l’origine. Des torches d’obsidienne brûlaient sans flamme visible, diffusant une lumière sombre, presque liquide, qui glissait sur la peau d’Eléanor comme une caresse glacée. L’air était saturé de magie, épais, chargé d’un pouvoir si dense qu’il rendait chaque respiration difficile, comme si inspirer revenait à accepter un pacte tacite. Eléanor se tenait au centre du cercle, vêtue d’une robe de lin blanc, simple, presque fragile face à la solennité du lieu. Elle avait voulu conserver cette simplicité, refuser

