Ils quittèrent la demeure avant l’aube. Le ciel était encore lourd de nuages sombres, strié de lueurs violacées qui annonçaient un orage lointain. L’air portait cette odeur métallique caractéristique des territoires frontaliers, là où les lignes de pouvoir se croisent, s’affrontent, se fissurent. Elle marcha entre Alaric et Kael, enveloppée dans une cape épaisse que le vampire avait posée sur ses épaules sans un mot. Chaque pas l’éloignait un peu plus de ce qu’elle avait été. Et chaque pas la rapprochait d’un avenir qu’elle ne comprenait pas encore. — Reste au centre, murmura Alaric. Quoi qu’il arrive. — Toujours très rassurant, répondit Kael d’un ton faussement léger, marchant quelques mètres devant eux. Comme si quoi que ce soit pouvait être « simple » désormais. Elle tenta un sour

