L’arrivé Dans L’ombre

488 Words
À 1h30, Lexy arriva à l’arrêt de bus le plus proche de la propriété Thorne. L'atmosphère avait changé. L'agitation de Manhattan avait cédé la place à une quiétude opulente et sinistre. La Maison Thorne était visible au bout d'une allée privée. C'était un manoir en pierre grise, style victorien, massif et décrépit. Les rumeurs disaient que personne n'y avait vécu depuis la trahison familiale des années auparavant. C'était un monument funèbre à la fortune Thorne. Elle se dirigea vers la façade sud, comme demandé. L'endroit était plongé dans l'obscurité, les seuls éclairages provenant des lampadaires lointains qui projetaient des ombres longues et déformées. Son cœur tambourinait contre ses côtes. La prudence criait au loup. C'était stupide de venir seule, au milieu de la nuit, rencontrer un inconnu qui avait piraté son téléphone. Elle arriva à la porte cochère de la façade sud. Il n'y avait pas de sonnette, pas de lumière. Juste la pierre froide. Je suis là, murmura-t-elle, plus pour s'assurer qu'elle pouvait encore parler. Soudain, une source de lumière douce et chaude s’alluma. Elle n'était pas extérieure, elle venait de l'intérieur du manoir, éclairant une seule petite porte de service. Et juste devant cette porte, il y avait un homme. Il était grand, incroyablement bien bâti, et vêtu d'une simple chemise noire en lin dont les manches étaient retroussées sur des avant-bras puissants. Il ne portait pas de cravate, mais sa posture était celle d'un roi déchu. Il était l'antithèse du PDG à costume trois-pièces. Il tenait à la main un verre de whisky qui scintilla faiblement dans la lumière. Vous êtes l'Oracle, dit-il, sa voix était profonde, sensuelle, mais étrangement familière. C'était un son fait pour le secret, un murmure qui réchauffait malgré la froideur de la nuit. Il avança lentement vers elle, sortant de l'ombre. Vous n'avez pas craint les ombres, Mlle Drake. Cela me plaît. A Lexy se figea. Il connaissait son nom. Il n'avait pas seulement piraté son téléphone, il avait piraté son identité. Vous n’êtes pas juste N.W., répondit Lexy, gardant son regard sur lui, refusant de reculer. Vous connaissez mon nom. Vous savez qui je suis. Il sourit. Ce sourire-là n’avait rien de glacial. C’était une invitation au danger, une promesse de passion. Je sais qui vous êtes, ma Lexy. Je sais que vous êtes la fierté de votre famille, que vous dormez quatre heures par nuit pour étudier. Je sais que vous êtes pure à l'intérieur et... séduisante à l'extérieur. Je vous surveille. Il était à un mètre d’elle. L'intensité de son regard la submergeait, mais c'était la familiarité troublante de sa posture qui lui donnait le vertige. Elle n'arrivait pas à le situer. Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, sa voix tremblante. Je suis votre Nighwalker, répondit-il, le menton levé. Et vous êtes entrée dans mon jeu. Il lui tendit la main. La distance entre eux était à la fois de l'ordre d'un pas, et de l'ordre d'un monde.
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