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1109 Words
4 Les jours passèrent vite, l’entretien de Sam approchait à grands pas. Lindsey avait bien évidemment accepté de l’héberger pendant son séjour, heureuse de revoir sa bonne vieille copine avec qui elle avait tant partagé. D’ailleurs, elle avait insisté pour venir la chercher à l’aéroport. Les vacances scolaires arrivaient ce soir et elle avait hâte de pouvoir rentrer chez elle pour préparer sa valise. Son avion décollait le lendemain et il était inimaginable pour Sam de le rater. Elle avait bavardé de cet entretien quelques jours plus tôt avec son ami Henri, de ses craintes de ne pas être à la hauteur d’une telle opportunité. Henri l’avait écouté, et l’avait rassuré, il avait confiance en elle et il était sûr qu’elle allait réussir cet entretien brillamment et de ce fait elle pourrait commencer une carrière qu’elle avait toujours voulu avoir. Il lui avait également fait comprendre que même si une partie d’elle-même était triste de partir, il fallait qu’elle pense à l’avenir et à se construire sa propre histoire. La journée passa rapidement et la dernière heure de cours arriva, elle souhaita de bonnes vacances à ses élèves et ramassa ses affaires avec empressement. Elle sortit de la salle de classe et fonça au bureau de l’administration pour dire au revoir et souhaiter de bonnes vacances à son ami. Elle arriva devant son bureau et frappa deux petits coups. Une voix autoritaire s’éleva : — Entrez ! résonna la voix du proviseur. Sam passa la tête dans l’entrebâillement de la porte et entra. — Excuse-moi Henri, je viens juste te dire au revoir, et te souhaite de passer de bonnes vacances. — Merci, toi aussi Sam, ramène-moi de bonnes nouvelles de New York, je croise les doigts pour toi. Bonne chance ! — Merci beaucoup, je te tiendrai au courant par téléphone, allez, je file, on se voit à la rentrée, à bientôt, sourit Sam Elle sortit du bureau et se dépêcha de rentrer chez elle. Elle prépara sa valise et appela ensuite sa sœur et sa mère qui lui souhaitèrent de réussir et de les tenir au courant du résultat de l’entretien. Elle dîna rapidement et se coucha de bonne heure pour être en forme le lendemain. Son réveil sonna à 5 h 30 précises. Sam sauta du lit et couru dans sa douche, une fois prête elle rassembla ses affaires et sa valise et sortit en trompe de chez elle quand le taxi klaxonna. Elle arriva à l’aéroport de Baltimore aux alentours de 7 h 45 et souffla une fois ses bagages enregistrés et son billet récupéré, son vol était à 9 h et elle avait tellement paniqué à l’idée de le rater qu’elle s’accorda un soupir de soulagement. Elle regarda sa montre et s’aperçut qu’elle avait encore une heure devant elle avant l’embarquement. Elle alla prendre un petit déjeuner et réfléchit à la vie qui s’ouvrait devant elle. Toute petite, elle avait voulu faire de grandes choses, New York était un de ses rêves les plus anciens et dans à peine quelques heures elle y serait, ça lui faisait bizarre de partir mais en même temps elle pensa à son père qui lui avait toujours dit qu’il ne fallait jamais renoncer dans la vie et qui avait toujours cru en elle. Elle eut un petit pincement au cœur en pensant à son ami Danny, et aurait aimé que lui aussi soit à ses côtés. L’heure du vol arriva, elle prit son sac, son journal et embarqua direction la grande aventure. Elle arriva à New York à 10 h 30 et récupéra ses bagages. Elle chercha dans la foule et aperçut son amie Lindsey qui l’attendait accompagnée de ses deux enfants Ryan bientôt 4 ans, et Cassandra 6 mois qui gazouillaient dans les bras de sa mère. Lindsey était une jeune femme de l’âge de Sam, brune avec de beaux yeux bleus et toujours habillés à la dernière mode. Sam s’approcha et donna une accolade à son amie. Ces deux-là avaient fait les quatre cents coups ensemble, mais la vie les avait un peu éloignées l’une de l’autre quand Lind’s était repartie à New York. Lindsey avait rencontré son mari, et s’était épanouie dans sa vie de famille tout en ouvrant un club dans le centre de New York qui faisait un tabac. Bien sûr, elles étaient restées de bonnes amies, toutefois, elles ne se voyaient plus aussi souvent qu’avant et Sam se sentait triste vis-à-vis de cela. Elle retrouva le sourire en pensant que si elle décrochait ce poste elle pourrait se voir plus souvent. — Alors, ton vol s’est bien passé, raconte, demanda Lindsey impatiente. — Très bien, j’ai hâte d’arriver à mardi, jour du rendez-vous et en même temps, je commence sérieusement à paniquer, répondit Sam — Arrête, je suis sûr que tout va très bien se passer, on va rentrer, tu vas installer tes affaires, te rafraîchir un peu, te détendre et je suis sûr que ton impression disparaîtra aussi vite qu’elle est arrivée, la rassura Lindsey — D’accord, je te suis, en tout cas merci encore de m’accueillir chez toi. — T’inquiète, tu seras toujours la bienvenue. Après avoir combattu les embouteillages, elles arrivèrent devant l’immeuble de Lindsey, elle vivait dans un immense duplex. Lindsey lui indiqua sa chambre et elle monta ses bagages pendant que Lind’s enlevait les manteaux de ses enfants. Sa chambre était assez spacieuse et elle avait une salle d’eau adjacente, Sam posa ses valises au pied du lit et alla se passer un peu d’eau sur le visage. Le contact frais lui fit du bien et elle fit le vide dans sa tête pour se préparer à l’approche de son entretien qui était dans quelques jours. Elle redescendit et trouva Lind’s en train de préparer des sandwichs. — Tu as faim ? demanda Lind’s — Oui merci, j’ai un petit creux. — Alors, plus relax face à cet entretien ? — Oui ça va mieux, tu sais quand Henri m’a parlé de cette offre, j’ai cru qu’il me faisait une blague, répondit Sam — Ça n’aurait pas été une très bonne blague et te connaissant, tu lui aurais fait payer chèrement, plaisanta Lind’s, mais tu es sûr que ça va, je te trouve un peu pâlotte. — Oui, ce n’est rien, le voyage à préparer et… j’ai beaucoup pensé à Danny dernièrement. — Sam… avertit Lindsey — Oui je sais, il a disparu, il faut se faire une raison et tourner la page… mais parfois, ce n’est pas si simple. — Je sais… moi aussi il me manque, je pense à lui tous les jours et je me demande aussi ce qui lui est arrivé, mais ressassé le passé ne t’aidera pas à te sentir mieux et à avancer. — C’est sûr, mais cette semaine, je n’ai pas arrêté de penser à lui, je ne pouvais rien faire, ça ne voulait pas me quitter. — T’as toujours été têtue, en voilà la preuve, mais trêve de plaisanterie, on ne saura peut-être jamais ce qui s’est passé ce jour-là, alors essaye d’avancer, déclara Lindsey avec un sourire triste. — Ouais, tu as sûrement raison. Les deux filles déjeunèrent calmement tout en évoquant de vieux souvenirs et en plaisantant sur les opportunités qu’offrirait New York si Sam décrochait ce travail.
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