XXXI Le supplice Les valets du bourreau étaient revenus. Leur entrée dans l’enceinte fut l’occasion de quelques désordres parmi les spectateurs les plus voisins de la palissade. Plusieurs d’entre eux se mêlèrent aux soldats du guet et aux archers de robe courte, malgré les efforts que faisaient ceux-ci pour les repousser. Au nombre de ces curieux intrépides, un homme en habit brodé gesticulait afin d’attirer l’attention de l’exécuteur. – Monsieur Sanson ! monsieur Sanson ! disait-il en agitant son chapeau au-dessus de sa tête. Henri Sanson s’avança vers cet individu qu’il reconnut aussitôt. – Monsieur de la Condamine ! s’écria-t-il avec respect. – Moi-même, monsieur Sanson. – Laissez monsieur s’avancer, dit l’exécuteur aux soldats ; c’est un membre de l’Académie française. Puis

