***BÉSSÉ GALLAY SOW
Les jours passèrent.....
Depuis le dîner de Hawa et de Mon Abdoul, je les surveillais comme du lait sur le feu. Rien ne m'échappait. Je suis même allée jusqu'à mettre un magnétophone dans la suite de ma "copine".
Ridicule de ma part, je sais.
Mais néanmoins c'était avantageux, puisque je pouvais savoir tout ce qu'ils disaient dans la pièce. Je ne savais pas pourquoi mais Abdoul s'était beaucoup rapproché de Hawa.
Nos discutions n'étaient plus comme avant. Il était tout le temps réticent. Serait-il amoureux d'elle ? Non c'est impossible ! Il n'oserait quand même pas aimer cette s****e.
Tout ce que je savais était qu'il était tombé sous son charme,
Après quelques jours de congé, j'avais enfin repris le boulot et je m'accrochais mieux qu'avant dire que je parvenais à me concentrer. Parce que je savais bien que j'allais tôt ou tard devenir madame Aïdara.
Qu'elle est naïve !
Quant à Mère Ndoumbé, depuis ce jour où je lui ai bien remonté les bretelles, je ne l'ai pas revue. Je ne voulais pas lui manquer de respect mais elle le méritait bien. Je ne pouvais nullement accepter qu'elle vienne chez moi et m'insulte comme si ses parents ne lui avaient pas appris les bonnes manières.
C'était l'heure de pause. Debout sur mes talons vertigineux, je contemplais la ville à travers la baie vitrée quand soudainement je vois Hawa qui était sur le point d'entrer à l'intérieur de l'entreprise.
Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Me demande intérieurement.
Je me dépêchais d'aller me cacher dans les toilettes qui se trouvaient dans mon bureau, il ne fallait pas qu'elle me voit. Étant la secrétaire d'Abdoul, c'était quasiment impossible que Hawa entre dans son bureau sans me voir.
Combien de minutes j'y suis restée ? Dix ? Vingt ? Je ne sais même pas !
Quand je suis sortie, j'avais remarqué qu'Abdoul était en train de m'attendre.
-Bonjour bébé, lui dis-je en lui faisant une bise.
-Bonjour. Répondit-il simplement. Euh....tu ne sais pas quel cadeau pourrait plaire à une femme ? Il se trouve que ma mère veut que j'offre un cadeau à ma cousine.
-Abdoul Khadr nous avons élevé les vaches ensemble ? Sortis-je énervée.
-Pourquoi cette question ?
-Tu veux que je t'aide à trouver un cadeau pour ta future femme ? Alors que je suis ta copine. Pourquoi tu ne me respectes pas ? Comme ça t'es finalement consentent pour ce mariage ? Désolée mais je ne peux pas le faire.
-Béssé tu as trop changé !
Je lâche un rire amer avant de m'approcher de quelques mètres de son visage.
-Qui a changé Abdoul ? Toi ou moi ? Depuis que tu as vu les grosses fesses de ta cousine, tu n'as plus de temps pour nous. Tu es toujours aux petits soins avec elle. Tu peux savoir ce que je ressens en ce moment ? Dédétt(Non non) tu ne peux pas le savoir parce que tu es égoïste ! T'es qu'un p****n d'égoïste.....
Je n'ai pas pu terminer ma phrase qu'il me donna une gifle. Abdoul a osé lever la main sur moi ? Moi Béssé ?
-Ioe do sakh goor (Décidément, tu n'es même pas un homme) dis-je avant de prendre mes bagages pour sortir mais il me retint.
-Pardon Béssé, s'excusa-t-il.
Avec une brutalité, j'enlève sa main sur mon poignet avant de sortir de la pièce avec le coeur meurtri. Pourtant à ce qui paraît, sa mère n'a pas réussi à le marabouter mais l'homme que je connaissais était diamétralement opposé à celui qui était devant moi tout à l'heure.
Tout ça pour la beauté de Hawa mais elle mom, elle ne perd rien pour attendre. Elle ne sait même pas qui est cette femme qui est censée être sa meilleure amie.
Je ne voulais pas rentrer à la maison. Je suis alors allée au marché Castor afin d'aider ma mère pour ses ventes.
[....]
Après quelques heures de route, j'arrivai enfin là-bas. Elle était en train de confectionner des perles de reins. C'était vraiment une passion pour elle.
Elle était très connue par les jeunes femmes mariées. Dire qu'elle vendait des perles de reins, des nuisettes, des parfums mélangés par elle-même. Elle tricotait des pagnes troués, confectionnait également des "thiouraye" avec des mélanges de parfums et du "gowei(khodj ou saff)". Elle y gagnait beaucoup d'argent.
-Yaye, Dieng !
-Béssé tu n'es pas allée au bureau khana ? S'enquit-elle.
-Je ne me sentais pas bien, c'est la raison pour laquelle j'ai pris ma journée. Mentis-je
-Alors pourquoi tu n'es pas rentrée à la maison ? En plus ta joue est toute rouge là, tu t'es battue ?
Oh zut ! J'avais oublié que je suis de teint clair et que la gifle pouvait bien laisser des marques.
-Non non. Bon oublie ça ! Je veux bien t'aider.
-Oui oui prends place comme ça je finirai tôt insha'Allah. Il y a quelques jours, une femme était venue me commander un panier "doxx dadié" pour un mariage dans pas longtemps.
-Waouh ! Elle doit être riche hein ?
-Juste pour ça, je lui ai demandé deux cent milles et elle m'a donné la moitié sans broncher. Mane dieng sala, je n'ai jamais vu ça. Fit-elle en riant.
-Ay maman est-ce que c'est sûr ? Tu sais mieux que moi que les prix d'un panier s'échelonnent de 15 à 30 milles si je ne me trompe pas bien-sûr.
-Dimbalima déh ! Iow loutax ngua ignané ma ? Ak nima soné si liguéy bi yeup ngua yakarni lolou diomouma ? (Fiche moi la paix ! Pourquoi tu ne veux pas que j'ai rien de ? Avec tout les difficultés que je rencontre dans ce métier, tu crois que je ne le mérite pas ? De plus, je suis sûre qu'elle doit être une de ces femmes naïves qui ne savent rien de ce qui se passe. Répondit-elle écœurée.
-Hum, c'est bien donc. Lui dis-je avant de prendre la boîte de pastilles pour confectionner une ceinture de reins avec des perles et du pastille(C'est pas celui qu'on met dans le thé déh)
C'est elle qui me l'avait apprise. Malgré le fait qu'ils me taxent d'intellectuelle du fait que je suis trop ancrée dans le travail, je fais de mon mieux pour l'allier avec nos traditions. Je ne suis aucunement en rade en ce qui leur concerne. Meune na leumbeul, meune niass ay bine bine, meune tassou ak lénénak lénéne(Je peux danser le leumbeul, filer des perles de reins, chanter nos louanges entre autres.)
*
On a fini aux environs de dix-huit heures.
À force de rester assise toute la journée, je suis harasse de fatigue.
Passer une journée avec ma mère m'avait un peu aidé à me changer les idées même si j'étais toujours en colère contre Abdoul.
*Le lendemain*
***HAWA DIOULDÉ BÂ
Je ne sais pas si ce que j'étais en train de vivre était un rêve mais c'était trop beau et je ne veux pas qu'il s'arrête. Je pensais en fait qu'Abdoul allait continuer à jouer au mec dur avec moi mais non.
Il était toujours aux petits soins avec moi. Il m'invitait souvent à sortir et ne parlait jamais de choses qui me faisaient mal. On vivait notre idylle à la perfection.
Il m'arrivait même d'oublier celle qui devait être sa seconde épouse. Même si je ne la connaissais pas, je la haïssais au plus profond de mon âme et je ne comptais même pas la laisser vivre en paix. Ah ça non !
Ma future belle mère était là, toujours aussi chiante, autoritaire. Elle ne cessait jamais de se mêler de ma relation avec Abdoul. Selon elle, tout ce que je devais faire avec son fils, elle devait en être au courant. Au début je lui offrais beaucoup d'argent mais j'avais arrêté de le faire puisqu'elle ne le méritait nullement. On dirait que le mot "merci" n'existait pas dans son dictionnaire, ingrate !
Je me sentais seule à l'hôtel, c'est pour cela que j'avais invité Béssé à venir pour qu'on passe la journée ensemble. En parlant d'elle saxx, on dirait que je lui avais fait quelque chose à mon insu.
Elle n'était plus comme avant, parfois elle ignorait même mes appels.....je ne comprenais franchement plus rien.
-Béssé t'ai-je fait quelque chose ? Demandai-je quand nous fûmes installées sur le balcon.
-Je te jure Hawa que tu ne m'as absolument rien du tout fait, me dit-elle avant d'éclater en sanglot.
De nature, je m'en contrebalance de la souffrance des autres mais ses larmes m'avaient vraiment touchée.
-Que se passe-t-il ma chérie ?
-Il se trouve que j'ai énormément de problèmes. Ma future belle-mère me rend la vie impossible. Je ne sais pas pourquoi mais elle me déteste. Elle ne veut même pas que je me marie avec son fils. Toi au moins, tu as de la chance car ta belle-mère t'aime et veut uniquement ton bien contrairement à la mienne, elle ne cesse de m'humilier, je me demande bien ce que je lui ai fait pour qu'elle me déteste.
Encore les problèmes des belles-mères ! Gni dal sén bokhoul mala rék comme na ay djiné.
-Ma chérie, il faut que tu saches qu'on ne peut pas tout avoir et tout le monde ne peut pas nous aimer aussi. Les uns peuvent te porter dans leur cœur tandis que les autres peuvent te détester alors le mieux serait que tu te concentres sur ceux qui t'aiment, les autres, ne les calcule pas ! La vie est super courte et la meilleure des choses que tu puisses faire est d'en profiter au maximum.
-Merci beaucoup copine. Je ne sais franchement pas ce que je vais faire sans toi.
-C'est le minimum des choses que je puisse faire pour toi Béssé. Tu as été avec moi dans les moments les plus sombres de ma vie.
-En tout cas merci. Et si on parlait de ta vie de couple ? Questionna-t-elle en sirotant son soda à la paille.
Je soupire de contentement en souriant, ravie qu'elle me parle de mon homme.
-Je suis en train de vivre le paradis sur terre bilahi. Il est tellement mignon et ne cesse de me rendre heureuse. Je l'aime tellement mon Abdoul Khadr.
-Masha'Allah ! S'exclama-t-elle.
-Mais c'est ma future belle-mère qui n'arrête pas de s'immiscer dans ma vie. Explique-je en roulant des yeux.
-Et si tu t'occupais de son cas avant que le mariage n'arrive ? Sinon elle risque de vouloir que tu viennes vivre chez elle avec son fils, elle va sûrement surveiller tes faits et gestes et voudra que tout soit sous son contrôle et que tu l'avises de tout. Je t'avais certes demandé de la respecter mais ton mariage risque de ne pas durer. Et vu la manière dont tu ne cesses de parler de cet homme, je sais que tu l'aimes profondément.
Je sais qu'elle avait parfaitement raison. Ma Béssé est tellement gentille et protectrice !
-Tu as raison sur toute la ligne. Je suis prête à tout faire pour qu'elle me foute la paix.
-Bien. J'ai un ami marabout, même si je ne m'entends pas bien avec lui, je sais qu'il t'aidera à te débarrasser de cette mégère.
-Je suis prête, passe moi son numéro.
Elle me le donna et je l'enregistrai. Je comptais m'y rendre le lendemain. Mère Ndoumbé ne me rendra pas la vie impossible !
***ADJI DIAMA AÏDARA
J'étais fatiguée ! Fatiguée de devoir toujours me faire violenter par mon mari. Je ne ressemblais plus à rien, j'avais perdu énormément de poids à force de souffrir.
En entrant dans ce mariage, je pensais que j'allais être la femme la plus heureuse de toute la planète terre mais non. Le visage que mon mari m'avait montré au début de ce mariage n'était pas le même après.
Si ça ne tenait qu'à moi-même, je serais déjà une femme divorcée mais malheureusement non. Ma mère me force de rester dans ce mariage soit disant une bonne épouse doit être soumise et doit laisser son mari faire d'elle tout ce qu'il veut.
Si j'avais les moyens de me trouver quelque part où vivre, j'aurais demandé le divorce depuis longtemps mais il se trouve que j'avais abandonné les études trop tôt, donc pas de boulot. Peut-être même que si ma relation avec mon frère Abdoul était bonne, je pouvais compter sur lui mais hélas ce n'est pas le cas. Je le déteste parce qu'il est un arrogant, un frimeur en plus d'être le préféré de la maison; et ça me met en rogne.
Ma mère m'avait également dit qu'elle n'accepterait jamais que je vienne revivre chez elle. Donc j'étais contrainte de rester à la maison et d'accepter que mon mari me fasse du mal.
Mais le Tout-Puissant sait que je n'en pouvais plus. Le cas de mon mari s'aggravait de jour en jour. Toute son argent, il l'utilisait uniquement pour aller boire de l'alcool, il avait même commencé à fumer alors qu'il était m******n. Il se foutait royalement de ma vie. Le soir, il me frappait jusqu'au petit matin, on dirait que ça lui faisait du bien de me faire atrocement mal.
Lassée, je décidai d'aller la voir car quoi qui puisse arriver, elle est ma mère et son cœur ne peut pas supporter de voir sa propre fille dans de telles conditions.
C'est avec difficulté que je suis arrivée chez elle. Je trouvai ma petite sœur devant la maison, mais elle ne m'avait malheureusement pas reconnue. Ça m'avait fait tellement mal.
Bref.....
Je pénétrai dans le salon où je la vis entrain de boire son thé calmement.
-Maman, dis-je avant d'enlever les lunettes que je portais.
-Diama ça va ? Me dit-elle tout en faisant semblant de ne pas voir mes plaies.
-Yaye mougne na ba sone. Manila yaye sonouna, tayi na, dame na, waw. Sama dieukeur mayouma sama diam, mayouma sama salam. Lou metti lounei lay doundou sama keur. Yaye sama dieukeur dafmay torokhal rk. Yaye Barki yonenti bi (psl) sonouna. Bayima ma tass seuy bi nieuw fi.
(Maman, j'ai maintes fois fait la preuve d'une femme de résignation mais là, je suis à bout. Mon mari refuse de me laisser vivre en paix. Je vis toutes sortes de maltraitances chez moi. Il ne cesse de m'humilier. Maman je te jure sur le nom du Prophète que je suis exténuée. Laisse moi divorcer et revenir ici s'il te plaît).
-Je pense bien t'avoir dit que je camperai sur ma décision. Tu es une femme mariée et tu te dois être soumise. Si ton mari te frappe, c'est parce que tu as fait quelque chose. Le connaissant bien, je sais qu'il ne serait nullement capable de te frapper sans raison. En dehors de ça saxx, s'il s'avère que ça soit vrai, il est ton mari et il a droit de te faire tout ce qui lui chante alors tu as intérêt à accepter ta vie. Si tu demandes le divorces, sache que je vais te renier.
-Est-ce que tu es vraiment ma mère ? Est ce qu'une femme peut dire de telles choses ? Maman sais-tu au moins ce que je ressens là. C'est uniquement à cause de la violence conjuguale que beaucoup de femmes ont perdu la vie. C'est uniquement grâce à ce phénomène que beaucoup de femmes ont perdu la conscience. Tu veux que j'ai le même sort ? Tu veux voir mon corps sans vie enveloppé dans un linceul mortuaire pour que tu réagisse ? Franchement, je viens de comprendre une chose. C'est que papa était beaucoup plus compréhensible que toi et avait un comportement très altruiste. Car lui au moins, je sais que s'il était toujours en vie, il ne regarderait jamais qu'on malmène sa fille comme une vulgaire déchet toxique. Et j'aurai préféré l'avoir lui seul comme parents que toi. Je te déteste maman ! Dis-je avant de sortir du salon les yeux embués de larmes.
Aujourd'hui, je réitère ma phrase qui est: Ma mère est la plus cruelle, inconsciente et insouciante des mamans !
***ABDOUL KHADR AÏDARA
Je ne me reconnaissais plus vraiment. Je me demandais comment j'avais bien pu lever la main sur Béssé, la femme de ma vie bon sang. Je ne sais même pas ce qui m'avait pris de lui faire ça mais je le regrettais sincèrement.
Hawa.....pfff que dire de cette femme ?
Belle, elle l'est !
Charismatique, elle l'est !
Charmante, elle l'est !
Douce, elle l'est !
Soumise, elle l'est !
Je ne suis certes pas amoureux d'elle mais j'en suis obnubilé. Tout comme Besse, elle aussi, elle a une chose assez particulière dont je ne pourrais dire mais qui fait que j'ai toujours l'envie d'être avec qu'elle.
J'égrénais mon chapelet quand mon téléphone émet un clignotement, signalant ainsi un message. C'était un numéro inconnu.
《 Si tu veux connaitre le vrai visage de ta chère et tendre cousine, va falloir te rendre à l'adresse **********》
Je comprenais pas pourquoi on m'avait envoyé ce message et qui est l'expéditeur.
Je suis resté des minutes à réfléchir. J'avais pris la décision de ne pas y aller mais cette grande démangeaison de savoir était plus forte que moi.
J'y suis donc allé.....
Tout en conduisant, mon cœur battait à un rythme anormal. J'avais un très mauvais pressentiment. Je reçois encore un appel entrant, affichant le nom de mon ami, Kader.
Je ne décroche pas et laisse sonner j'étais trop stressé comme ça.
Une fois arrivé sur le lieu indiqué, qui était d'ailleurs était une toute petite maison, j'hésitais à mettre les pieds dedans.
Je ne comprenais pas pourquoi on m'avait demandé de venir ici.
Puisque la porte n'était pas fermée, je pénétrai dans le salon où j'entendis une voix qui m'est familière prononçait ces mots:
-Mon futur mari se nomme Abdoul Khadr Aïdara et sa mère: Ndoumbé Bâ. Je veux que vous maraboutiez cette dernière afin qu'elle devienne folle ou qu'elle meurt rék. C'est à vous de voir. Je suis prête à vous payer la somme que vous voudrez.
-HAWA ? criai-je stupéfait.