49 En entrant dans les salons du Plaza Athénée, Gersande vit Chiara se lever et lui faire signe pour l’inviter à la rejoindre à sa table. Cela aurait pu être moins gracieux. Gersande avait craint que celle qu’elle considérait toujours comme une intrigante, pour ne pas dire pire, n’arrive en retard, par pur esprit de bravade. Et pourtant, de cet accueil conforme à la politesse ordinaire transpirait une vapeur d’effronterie. C’est Gersande qui avait sollicité le rendez-vous, mais c’est Chiara qui, débordée, disait-elle, avait fixé le moment et le lieu. Gersande avait proposé une rencontre discrète, soit chez l’une, soit chez l’autre. Chiara avait imposé les salons du Plaza, c’était là qu’elle se trouverait. Ce n’était peut-être pas de sa part de la provocation, sans doute de l’inconscience,

