Mardi 16 mars 2012 - CarantecGuillaume Le Fur partit pour Carantec, dès le lendemain mardi, à huit heures, sans même passer à son bureau. Pour les affaires courantes et en instance, il avait laissé, la veille au soir, ses instructions à l’un de ses adjoints, Guy Millau, qui, depuis quatre ans qu’il avait été muté en Bretagne, venant de sa Corrèze natale, répondait au sobriquet un peu facile de Lampaul, et presque personne, depuis son arrivée au commissariat de Morlaix, ne l’aurait jamais appelé autrement. Guillaume aimait la route en corniche qui relie Morlaix à Carantec. Il arrêta un moment sa voiture au bord de la vasière, à la sortie de Locquénolé, et prit le temps d’observer les oiseaux de mer ; les huîtriers pies, immobiles, tournaient au vent leur bec vermillon et une nuée de petits

