III Il y eut entre Baccarat et Rocambole un moment de silence poignant. Il était là, cet homme dont les mains avaient été souillées de sang et que le repentir avait fini par toucher ; il était là, tremblant, éperdu, semblable à un enfant abandonné par sa mère. De grosses gouttes de sueur inondaient son front livide, et sa bouche crispée annonçait la violence de cette tempête qui bouleversait son âme. Enfin il eut un éclat de rire fiévreux, sardonique, comme celui d’un damné. Et relevant la tête : – Comprenez-vous cela, madame ? dit-il. Moi ! le voleur, le meurtrier, l’assassin ; moi, l’imposteur et le parjure ; moi, dont les épaules ont été meurtries si souvent par le bâton des argousins... j’ai un cœur !... Un cœur qui bat, un cœur dans lequel un rayon de l’amour, cette chose divine, es

