XIII Ce criminel à qui était dévolu l’office de bourreau avait un type étrange. C’était un homme de quarante ans, sec, maigre, aux traits anguleux, mais dont la charpente osseuse annonçait la constitution vigoureuse et presque herculéenne. Non point que la force soit nécessaire pour appliquer le knout. Il est des bourreaux qui frappent à tour de bras ; ils sont moins à craindre que d’autres. Donner le knout est une véritable affaire d’adresse. Le knout est un fouet : semblable à celui des postillons qui conduisent à l’allemande. Le manche est très court ; la lanière est très longue et se termine par une mèche de cuir bouilli qui, séché ensuite dans le four, devient dur et tranchant comme la lame d’un rasoir. Cette mèche se ramollit bien vite, et le bourreau la change tous les trois ou qua

