XXVII

1554 Words

XXVII Nous avons laissé Rocambole en proie à l’ivresse étrange que procure l’opium, et jeté, les mains liées derrière le dos, sur le traîneau qui emportait les soldats et les prisonniers. Nous nous servons de ce mot de prisonnier parce que tout paysan russe livré par son seigneur au service militaire, n’obéissant jamais de bonne grâce, est presque toujours emmené de force et garrotté. Le froid éteignit chez Rocambole cette surexcitation nerveuse qui s’était traduite, comme on l’a vu, par des paroles incohérentes. Les soldats chantaient, Alexis pleurait, car on l’avait séparé de sa jeune femme au moment même où il touchait à la liberté, et le troisième paysan livré par Nicolas Arsoff était absorbé par cette ivresse bestiale que procure au serf russe l’eau-de-vie de grain. Les hallucinatio

Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD