XXIX

1510 Words

XXIX Le moujik dormait, comme dorment les gens de sa profession. Vous souvient-il du bon temps des diligences qui entraient dans les villes de province, le soir, au bruit joyeux du cornet à piston ? Et ce gros conducteur au visage réjoui et rubicond qui, au troisième relais, était devenu votre meilleur ami et dont vous étanchiez la soif à chaque poste, quand vous aviez l’honneur de voyager avec lui, c’est-à-dire d’avoir une place de banquette ? Quand la nuit venait, le conducteur tirait sa casquette sur ses yeux, s’enfonçait dans un coin de la banquette et ronflait deux minutes après. Le canon du Palais-Royal ne l’eût point éveillé. Mais tout à coup la diligence arrivait au relais. Soudain le conducteur s’arrêtait, dégringolait du haut de l’impériale, aidait à atteler les chevaux, remont

Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD