XXXIV La comtesse Vasilika Wasserenoff était veuve. C’était une femme de vingt-six ans, fort belle, blanche comme un lis et blonde comme un épi mûr. Elle était grande, et son œil noir plein de feu, son nez hardi, sa lèvre dédaigneuse annonçaient un caractère fortement trempé, uni à une vigoureuse constitution physique. La comtesse Vasilika possédait une immense fortune ; elle était maîtresse absolue de sa main, et si elle avait songé à épouser Potenieff, c’est que celui-ci, l’hiver précédent, avant qu’il ne vît Madeleine, avait fait à la belle veuve une cour assidue. Et puis les Potenieff et les Wasserenoff étaient cousins, et, en acceptant la main d’Yvan, la comtesse savait qu’elle relevait une maison tombée. Pendant les cinq mois qu’il avait passés loin de Pétersbourg, Yvan avait écrit

