XL Le prince Maropoulof, au comte Kourof, à Paris Mon cher ami, Comme je ne doute pas que tu ne te rendes à Paris par les voies rapides, et que, il y a trois jours, en te quittant avec mes amis et le gentilhomme français dont nous avons fait tort à messieurs les loups, nous t’avons laissé fermant tes malles, tu penses bien que je me dispense d’adresser ma lettre ailleurs. Elle arrivera encore à Paris après toi, car il faut bien te l’avouer, la cavale du désert, chantée par le poète arabe, l’éclair qui brille dans la nuit, le vent qui passe dans les nuées grises sont moins légers en leur course que l’homme qui galope après la femme aimée. J’espère que voilà un pathos qui justifie suffisamment notre amour de la langue française, à nous autres barbares. Maintenant, sais-tu pourquoi je

