PDV de Daphnée
Pendant les vacances de Noël
Avec Charlie, c’est notre premier Noël ensemble et mes parents nous ont invités à venir passer quelques jours chez eux.
Charlie a précisé à l’agence où il effectuait ses missions d’intérim qu’il ne serait pas disponible pour aller travailler à l’usine la semaine de Noël.
Nous avons pris le train le lundi 23 et Maman est venue nous chercher à la gare.
Pat et Kate sont aussi descendus avec leurs enfants pour passer les fêtes en famille.
Quand ils viennent, ils logent chez mon autre oncle paternel.
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PDV de Charlie
J’entre dans la maison de Daphnée, je constate que c’est une maison chaleureuse et cosy.
L’entrée possède trois portes, ainsi qu’un escalier qui dessert les chambres, la salle de bain et le grenier. La porte sous l’escalier mène à la cave, tandis que celle en face de la porte d’entrée donne sur un garage.
La dernière porte conduit à un salon salle à manger d’une trentaine de mètres carré. Dans le fond, une ouverture dans le mur mène à la cuisine. Dehors, il y a une petite terrasse et un jardin de 300 ou 400 mètres carré.
« C’est une jolie maison que vous avez, Madame. Où puis-je poser les valises ? »
« Merci » dit-elle d’un ton détaché.
« Laisse-les dans le couloir pour le moment, nous les montrons plus tard. »
Nous nous installons à table et Maman revient avec du café, du jus d’orange et des biscuits. Edward et Noa se joignent à nous après leur travail. Ils me posent beaucoup de questions et la soirée se passe plutôt bien. Je m’y attendais un peu, Daphnée m’avait prévenu que son frère est protecteur et ça n’a pas loupé !
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PDV de Daphnée
Le lendemain, jour du réveillon
Maman commence à faire à manger dans l’après-midi et je lui donne un coup de main.
Elle est une très bonne cuisinière et j’apprends beaucoup avec elle.
J’aime bien l’aider.
Après quelques heures de préparation, je vais prendre une douche et je me change.
Entre temps, les invités sont arrivés et je les salue en descendant.
« Waouh, tu t’es faite belle ce soir » me dit Kate en guise de bonjour.
Je glousse et j’acquiesce en hochant la tête.
« On ne réveillonne pas tous les jours. »
« Oui, c'est vrai et puis tu es jeune donc tu veux plaire, je suppose » me dit-elle à voix basse.
Je ne dis rien, mais je sens mes joues chauffer légèrement.
En arrivant en bas, Charlie se glisse derrière moi pour m’enlacer et me dépose un b****r tendre dans mon cou. Je fais ensuite les présentations avec tout le monde.
Ensuite, nous nous installons tous autour de la table à laquelle des rallonges ont été ajoutées.
Après un repas agréable, nous terminons la soirée comme tous les ans avec des parties de cartes.
À force d’y jouer à chaque repas de famille, Noa et moi sommes devenus des AS au RAMI.
C’est dire qu’on commence même à battre notre père de plus en plus facilement.
À force de perdre, Charlie commence à s’énerver.
L’alcool aidant, il monte vite dans les tours et sort dans la rue en trombe.
Mon frère n’aime pas du tout son attitude et le suit dans la rue pour le ramener à la raison et le ramener tout court d’ailleurs.
Après ma mère, en juillet, maintenant, c’est mon frère.
‘Eh bien, p****n, il les cumule, 2 rencontres avec ma famille et deux fois, ça part en couilles… ’
« Eh ben, tu l’as trouvé où celui-là ? C’est le premier que tu nous présentes, mais tu aurais pu t’abstenir !!! »
‘Si j’avais un doute avant, alors là, c'est sûr et certain, ma mère le déteste et ce n’est pas près de passer, elle est très têtue quand elle veut… ’
« Maman, s’il te plaît, arrêtes, n’en rajoutes pas !!! Il n’est pas comme ça d’habitude, il a dû boire un peu trop… »
« Ouais, ça doit être ça !!! »
Noa revient avec Charlie au bout de 15 minutes, il s’excuse et va se coucher. Il me propose de le suivre, mais je refuse, je préfère rester avec ma famille pour finir la soirée. On devait tous se retrouver à nouveau le lendemain midi pour le repas du 25 donc nous décidons, au vu de l’incident, d’ouvrir les cadeaux le lendemain.
* * *
Après avoir ouvert les cadeaux en fin de matinée et mangé avec tout le monde, nous faisons une promenade digestive jusqu’à un parc avec, dans les mains, des boules de pétanque. C’est un rituel que nous effectuons souvent également dès qu’il y a des repas de famille.
Le chemin, le plus direct pour y aller, nous fait passer devant mon ancienne école. J’ai un petit pincement au cœur en passant dans la ruelle.
Le parc dans lequel nous allons, non loin de la maison, est grand et très agréable.
À l’entrée principale, sur la droite, un étang avec des canards qui voguent sur l’eau et un parcours santé dans le bois du parc. Sur la droite, un grand terrain herbeux avec des jeux pour les enfants à l'autre bout et des toilettes publics. Derrière tout ça, un grand enclos grillagé avec des animaux (chèvres, poules…) et des terrains de boules bretonnes.
C’est d’ailleurs là que nous nous rendons directement. J’adore jouer même si je ne suis pas la plus douée… Papa nous a encore une fois tout appris, il était plutôt fort à force de jouer avec ses copains.
Au parc, un groupe de jeunes nous regardent jouer depuis un moment. L’un des gars s’approchent de nous. Je le reconnais tout de suite.
C’est Jules, je suis surprise de le voir.
« Salut et joyeux Noël Daphnée et à vous tous également, il me semblait bien t’avoir reconnue. » nous dit-il en me prenant dans ses bras.
Ce qui ne manque pas d’énerver un peu Charlie, mais il ne dit rien.
Il a déjà fait un esclandre hier soir, alors, il essaie de prendre sur lui.
« Joyeux Noël à toi aussi Jules, ça me fait plaisir de te voir. Je vois que tu n’es pas seul. Il y a… »
Il me coupe. Il est très observateur et perspicace.
« Il n’est pas là, mais Gwen est avec moi. Il sera sûrement content que tu viennes lui dire bonjour. »
« Je vais finir la partie et j’arrive, il n’y en a plus pour longtemps. Hein Papa, on va les éclater ?! La finale nous tend les bras normalement… »
Mon père se tourne vers moi avec un sourire en coin et un regard qui en dit long…
Aussitôt que Jules s’éloigne, Charlie se colle à moi et me murmure à l’oreille : « Qui est-ce ? »
« Un vieil ami. Pourquoi ? »
« Pour rien… »
Je finis la partie rapidement et je vais rejoindre le groupe.
On a gagné bien évidemment.
J’ai du mal à reconnaitre Gwen, il a beaucoup changé, mais lui s’approche de moi et me pend dans ses bras comme l’a fait Jules, il y a cinq minutes.
« Joyeux Noël Daphnée !! Ouah ça fait longtemps… dis-moi, qu’est-ce que tu deviens ? Tu as beaucoup changé, si Jules n'avait pas été là, je ne t'aurais pas reconnu. »
Je lui souhaite également un joyeux noël et aux autres jeunes aussi juste derrière, je m’assois avec eux un moment.
Jules et Gwen m’entourent et me posent pleins de questions. J’en fais de même.
Ça m’a rendu triste pendant très longtemps de ne plus avoir de contacts avec eux et le fait de les revoir me rend tout aussi triste, mais j’essaie de ne pas le montrer.
Une question me brûle les lèvres et je finis par la poser à Jules.
« Comment va Ioan ? Je ne l’ai pas revu depuis la dernière fois que l’on s’est croisé tous ensemble. »
« Il va bien aux dernières nouvelles, il est parti à Lyon depuis juillet pour le travail et nous nous appelons régulièrement. Tu veux que je lui passe le bonjour de ta part la prochaine fois ? »
« Il m’a oublié ?? »
Ma question le surprend, mais il y répond par la négative.
« Alors, non… »
« Mais pourquoi ? » Gwen ne peut s’empêcher de me demander.
« Eh bien, tout simplement, parce que si vous lui dites que vous m’avez croisé, que croyez-vous qu’il va faire ? Il va espérer quelque chose que je ne peux toujours pas lui donner. Ne vous m’éprenez pas, je l’aime toujours d'une certaine façon. Mais, je n’ai pas changé d’avis depuis la dernière fois pour le protéger de moi. Ça peut paraitre stupide, mais même avec Charlie actuellement, je ne suis pas du tout sûre de moi et de ce que je peux lui apporter de bien… »
« C’est le mec qui s’est approché de toi tout à l’heure après le départ de Jules ? Il a l’air très jaloux, je dirais même possessif. »
Je me tourne vers Gwen.
« Oui et comment tu sais ça toi ? »
« C’est simple, il est venu marquer son territoire en se rapprochant de toi, c’est typique. »
Les autres jeunes avec eux ne disent rien, mais hochent la tête pour me signifier qu'ils sont d'accord avec lui.
« Gwen doit avoir raison, je n’ai rien vu, car je vous tournais le dos, mais on va se rapprocher pour la finale et t’encourager, surveille ses réactions et tu verras. »
Papa m’appelle pour la finale quelques minutes plus tard.
Tout le groupe vient avec moi et on joue contre Pat et Noa. C’est chaud, Pat est presque aussi doué que son frère et Noa a appris avec Papa tout comme moi.
Mais finalement, on gagne.
Les garçons nous félicitent chaleureusement, ce qui ne manque pas d’agiter encore plus Charlie…
Je vois du coin de l’œil que son regard fait un va-et-vient, mauvais entre moi, Jules et Gwen.
Je ne le pensais pas aussi jaloux, on aurait dit un lion en cage qui menaçait de se libérer !!!
Gwen a vu juste. Je ne sais pas si je dois me sentir flattée ou inquiète de la suite de notre relation.
La plupart de mes connaissances sont des jeunes hommes…
Je transmets mon numéro de téléphone aux garçons en leur disant que je repars bientôt à Nantes, mais que je reviendrai cet été.