Une soirée et une nuit, Duncan attend avec impatience les nouvelles de la part de son ami qui ne vient toujours pas et qui ne l’appelle pas. Il commence à perdre patience et se demande ce qu’il ferait de Aileen lorsqu’elle sera de retour parce que tout ce stresse ne sera pas impuni.
Ça fait une heure demie qu’il regarde l’entrée de sa maison et enfin, il voit la voiture de Logan arriver. Il souffle enfin car il sait qu’avec lui il a toujours de très bonnes nouvelles.
« Où est-elle ? »
Logan penche sa tête sur le côté, se pinçant les lèvres. Duncan n’aime pas du tout ce silence car ça n’apporte jamais de bonnes nouvelles.
« Logan ? »
« Introuvable, » répond ce dernier la mine déconfite.
Duncan ne croit pas un seul mot de ce qu’il dit. Aileen ne peut pas être introuvable. Elle ne sait rien du monde extérieur. Elle ne pourrait pas être capable de s’échapper.
« Tu n’as bien cherché. Elle est quelque part. Elle doit avoir laissé des traces quelque part. »
« Je sais mais il pleuvait la nuit de sa disparition alors tu dois comprendre que la pluie a certainement tout effacé. La retrouver ne sera pas une mince affaire. »
Duncan essaie de fouiller dans sa tête, Aileen est une femme solitaire qui a même de la peine à parler avec des gens alors, il n’y aucune chance qu’elle soit chez une amie. Elle sait combien la rue peut être dangereuse pour y rester.
« Il faut fouiller tous les hôtels de la ville et du pays si possible. »
« Tu vas un peu trop loin là. Elle pourra revenir. »
Un rire jaune s’échappe des lèvres de Duncan alors qu’il regarde son ami comme s’il est un ennemi.
« Et pendant ce temps je fais quoi ? Je reste sagement à la maison à attendre ma femme ? »
Son dernier mot semble surprendre Logan qui ne s’attendait pas du tout à ça.
« Femme ? Ta femme ? »
Duncan enfouit les mains dans les poches de son pantalon avec arrogance et hausse les épaules.
« Dès l’instant où j’ai fait d’elle Madame Cambell, elle est devenue ma femme et ce jusqu’à sa mort. »
« En tant qu’ami, je te suggère d’arrêter de la chercher. Je suis sûre qu’elle s’est juste libérée d’un mari absent qui croit avoir le pouvoir sur elle. »
Cela ne plait pas du tout à Duncan qui pense que sa femme devrait rejoindre son foyer. Elle doit y rester, sans avoir à se plaindre ou quoi que ce soit.
« Ton avis ne compte pas, Logan. Je veux ma femme et trouve là avant que les médias n’apprennent la nouvelle. »
Encore une journée et une nuit. Duncan croit avoir atteint sa limite de patience alors, il est temps de fouiller dans les listes des hôtels de la ville.
C’est une chose qui ne serait certainement pas facile mais avec son influence, il sait qu’il aura ce qu’il désire alors, quelques coups de fils dans les hôtels les plus réputés de la ville mais sans résultats.
Il pense étendre ses recherches lorsque son téléphone se met à sonner. Il le regarde et constate que c’est un appel de son assistante.
« Que y a-t-il ? »
« Bonjour Monsieur, c’est pour vous rappeler le dîner de ce soir. Vous devez y être avec votre femme car ce partenaire chinois a un coup de cœur en ce qui concerner les hommes responsables et dans son sens de responsabilité, il voit un homme au bras d’une femme digne. »
C’est à ça que lui sert sa femme, c’est dans des situations pareilles qu’elle doit remplir sa part de contrat mais elle n’est pas là. Il n’arrive pas à croire que cette dernière pourrait lui faire perdre un aussi gros contrat.
Ça fait des heures qu’il réfléchit, il n’a jamais eu le temps de parler avec sa femme sur ce qu’elle aime faire ou pas, de sa préférence de pays au cas où elle voudrait aller en vacance ou si elle voudrait fuir quelque chose. Il n’avait jamais vu l’intérêt d’en parler avec elle parce qu’il ne se voyait pas perdre du temps pour aller en vacance avec elle.
Il a la corde au cou, une chose qui l’oblige à prendre une décision rapide.
Il va se changer rapidement et se rend à l’entreprise. Il se dirige directement vers le bureau de Lilith où cette dernière travaille.
Elle ne l’a pas encore remarqué alors, il se racle la gorge pour se faire remarquer.
« Désolée monsieur, je ne vous avais pas vu. »
« Ce n’est pas grave. Je vous attends dans mon bureau. »
Quelques secondes d’attentes sont comme toute une éternité pour lui car, il n’arrive pas à trouver de bons mots pour lui demander cette faveur.
« Oui, monsieur. »
« Que faites-voue ce soir ? »
« Rien de prévu, monsieur. »
Duncan fixe ses poings sur son bureau et la regarde droit dans les yeux.
« Ma femme est fiévreuse et ne pourra pas m’accompagner ce soir pour le dîner d’affaire. Il m’est impossible de renvoyer alors, je veux que vous m’y accompagniez. »
Duncan peut lire de la surprise dans ses yeux mais ce n’est pas le moment.
« Si vous n’êtes pas d’accord, je pourrais demander à DRH si elle est disponible. »
Lilith sait que cet homme n’est pas du tout patient et qu’il est sur le point de changer de décision et pourtant c’est la chance de sa vie.
« Je viendrai, monsieur. »
Duncan se redresse, sort une carte de sa poche et la lui donne.
« Faites des boutiques pour être à l’image de la femme de Duncan Cambell et laissez-moi votre adresse par message. Soyez prête à sept heures et demie. »
Il la congédie à la seconde suivante et reprend son téléphone qu’il consulte. Aucun appel ni de message concernant l’affaire de sa femme.
Il est sept heures et demie quand Duncan gare dans ce quartier peu fréquentable pour un homme comme lui. La chance est de son côté lorsqu’il voit Lilith qui l’attend déjà. Sa ponctualité est l’une des choses qu’il apprécie vraiment.
Elle porte une robe de soirée noire élégante et sobre qui lui arrive juste au-dessus du genou. La robe est faite d’un tissu soyeux et léger, qui épouse parfaitement ses formes. Le décolleté est discret mais souligne subitement sa poitrine. Les manches sont longues et serrées, mettant en valeur ses bras fins.
Ses cheveux sont coiffés en un chignon élégant qui laisse quelques mèches libres pour encadrer son visage. Son maquillage est léger et naturel. Elle porte une chaussure à talons hauts, noirs également qui allongent sa silhouette et lui donnent une démarche assurée.
Duncan secoue la tête pour détourner son regard car, elle est parfaite pour être à son bras.
« Vous êtes présentable, Lilith. »
Elle lui fait u sourire bref er s’installe dans la voiture. Duncan ferme la portière et s’installe à son tour derrière le volant.
« Je ne sais pas si vous y avez pensé mais ça semble louche de vouvoyer son épouse, vous ne pensez pas ? »
Duncan se rend compte qu’elle n’a pas tort et abdique. Il roule dans le silence jusqu’à leur lieu de rendez-vous.
Lorsqu’ils avancent dans le restaurant, ils se rendent compte que leurs hôtes sont déjà là. La gêne le gagne car le retard ou faire attendre les autres ne fait pas partir de ses habitudes.
« M. Cambell et Mme Cambell, » dit l’investisseur.
« Je suis vraiment désolé de vous avoir fait attendre, » s’excuse Duncan. « Mon épouse et moi n’avons aucune excuse c’est vrai. »
« Oh, pas la peine de vous excuser. Nous sommes en avance et je sais que les femmes mettent toujours du temps pour se faire belles pour nous. »
Ils s’installent et commencent à discuter. Duncan ne cesse de lancer des regards discrets sur Lilith et de suivre sa conversation avec la femme de son investisseur.
« C’est pour quand les enfants, ma chère Lilith ? »
Duncan se crispe en entendant cette phrase. Les enfants ? Il n’a jamais voulu en avoir parce que pour lui, c’est compliqué d’élever un enfant. Il espère que Lilith ne donnera pas une réponse stupide à cette femme.
A la fin du dîner, ils se séparent tous et Duncan ramène Lilith jusqu’à son quartier. Elle vit dans un immeuble et sachant que le danger peut être partout, il la raccompagne jusqu’à sa porte.
« Je vous remercie pour cette soirée, Lilith. »
« Je vous en prie, M. je veux aussi vous rendre ça. »
Elle lui tend la carte et Duncan bloque sa main.
« Ce qui est sur cette carte n’est rien comparé à ce que j’ai gagné ce soir. C’est un cadeau. »
Il lui souhaite bonne nuit et s’en va.