Chapitre XXXIMichel, nous l’avons dit, avait repris à pied le chemin de Férolles. Mais il n’était pas pressé d’arriver, et il cheminait à petits pas, lisant et relisant cette lettre qui ne lui laissait plus aucun doute sur l’existence et le retour de Laurent. À mesure qu’il s’éloignait de Jargeau, la confiance que lui avait mise au cœur le père Brûlart diminuait insensiblement. Comment Laurent accepterait-il sa nouvelle situation ? Un homme qui a été soldat, qui a vu du pays, n’est plus un bélître de paysan s’accommodant de tout. N’allait-il pas se faire que Laurent ne voudrait croire ni à la lettre posthume de la mère Brûlart ni au récit du vieux braconnier ? Qu’au lieu de se résigner, il crierait bien haut, s’en irait voir les gens de justice et les avocats ? et ceux-ci, une fois de

