Chapitre 8

2595 Words
Pdv Nadia Je marchais derrière mon père comme à mon habitude je regardais partout autour de moi . On a pris un car rapide . Il faisait vraiment très chaud mais ma robe étant en coton j’étais très à l’aise . Comme vous le devinerez mon père ne disais pas un mot , je me contentais juste de le suivre . Ce n’est peut qu’une impression mais on dirait qu’il est encore plus silencieux que d’habitude mais bon cela doit être mon imagination seulement . Je ne savais pas qu’il existait des moyens de transport comme les cars rapides et les DDD je crois que j’en avais vu que dans mes livres . Pour les tatas il y en a diourbel aussi. Ce car a beau être un peu étroit et on y entassés comme du je ne sais quoi ,il est très confortable pour moi . L’apprenti était habillé tout en noir , ah non on dirait que la couleur d’origine de ses vêtements était le blanc , la saleté a du les transformer en noir . Il fait signe de sa main en arpentant le car pour dire « aywa pass pass » mon père le lui donne en disant « gnari pass » je n’ai pas vraiment compris le sens mais en tout cas le fait en est que mon père venait d’épater le coût du transport . Je regardais les allés défiler à travers cette petite fenêtre qui laissait passer un soupçon d’air . Le paysage était vraiment magnifique on passait d’un quartier très huppé et chic à un autre à côté qui est délabré . La différence sociale qui règne ici est vraiment énorme . A un arrêt des talibés sont venus avec leur petit pot à la main en quémandent . Si vous saviez comment cet image me faisait mal . Je ne comprendrai jamais leurs parents . L’un d’entre eux devait avoir vers les 4 ans il était tellement petit ça m’a fait mal au coeur . Après de minutes interminables à cet arrêt où les clients commençaient à se révolter contre l’apprenti et le chauffeur , ils se sont enfin décidés à bouger . A chaque arrêté c’était la même chose , l’apprenti allait même jusqu’à sortir et attirer ou plutôt tirer des gens comme pour les forcer à monter . Je me m’étais d’un coup à observer les gens autour de moi . Certains discutaient entre copine , ce doit être des élèves vu leur uniforme . D’autres étaient concentrés sur leur téléphone comme si leur vie en dépendait . La voix de l’apprenti qui était à notre niveau me ramena . - aywa pass pass Encore ? Combien de fois on doit payer je croyais qu’on l’avait déjà fait - mon père : pass niata yone tchip L’apprenti s’en alla vers les autres clients . Je ne comprends vraiment rien à tout ça . Au prochain arrêt mon père se leva , je compris donc qu’il nous fallait descendre . On était vraiment près de la route . Mon père marchait devant moi qui a failli tomber par ce que je lever trop la tête pour contempler ces immeubles si haut. On a marché de bonnes minutes encore ou j’ai luté pour ne pas tomber . Après 10 minutes de marche mon père s’arrêta devant un grand bâtiment . Il était tellement immense que je peinais à en voir la fin . On est ensuite entré le vigil nous as posé quelques questions avant de nous laisser passer . Et Waw c’était encore plus beau et grand à l’intérieur j’ai l’impression d’être riquiqui en comparaison . Je lisais les pancartes qui était en haut de chaque bâtiment . C’était clairement un hôpital je crois que sur la façade c’était écrit « centre hospitalier de fann » On marche encore . Je croisais des gens avec des blouses blanches ce devait être des médecins . Les gens me semblaient bien triste avec une mine dépitée . Ça ne devrai pas m’étonner après tout on est dans un hôpital . C’est soit des patients ou les proches d’un patient , tout comme moi . On arrive à un autre bâtiment et mon père entre , je crois qu’on est enfin arrivé à destination . Rien qu’à cette idée je me sens toute nerveuse . Je ne sais pas pourquoi j’ai tellement hâte de revoir ma mère mais en même temps j’appréhende aussi . J’étais assise dans un banc dans les couloirs pendant que mon père parlait à un médecin . Il me fit ensuite signe pour venir . Je me leva de suite et me mis à ses côtés . - tu es sûr de vouloir la voir . Je ne comprends pas vraiment son insistance sur cette question mais je suis absolument sûr . - oui souhaite la voir . Il m’ouvrît la porte à ses côtés et me dis d’entrer . Je suis entrée doucement en faisant de petits pas comme une voleuse . A peine entrée mon père referma la porte derrière moi et cela me fit un peu sursauter . Je me suis retourné et la chambre était très propre et assez spacieux, mon regard parcours la chambre jusqu’à se poser sur une femme qui était d’environ la trentaine. Ces cheveux aussi noirs qu’elle crépuscule , aussi longs et lisses que la crinière d’un cheval , ces yeux de biche qui t’envoûtent, elle a quelques rides en plus mais il n’y a pas de doute c’est bien ma maman . J’avançais lentement vers elle , j’essayais tant bien que mal de retenir mes larmes qui menaçaient de tomber , d’un coup toute mon enfance , tous ces souvenirs que j’avais délibérément enfouis refaisaient surface petit à petit . Que ce soit de bon ou de mauvais souvenirs , tout me venait à l’esprit à présent . L’émotion m’avait submergée tant que je ne pouvais plus parler . Aucun mot ne sortait de ma bouche portant je voulais tant lui crier un « MAMAN » Mes jambes avaient décidé de me lâcher, elles tremblaient sans aucune raison. J’ai tant de fois rêvé de ce moment, tant de fois réfléchis à la manière de lui dire bonjour , à comment j’allais me comporter avec elle . J’y ai tellement pensé . Et pourtant au final rien ne se passe vraiment jamais comme on le voudrais , on ne peut prévoir ce qui va réellement se passer on ne peut qu’espérer s’y préparer mais au final le contrôle nous échappe totalement sans qu’on s’en rende vraiment compte. Je me saisis de ce qu’il me restait de courage pour courir vers elle , elle qui m’a mise au monde , elle qui a été si douce avec moi , elle qui m’a chéri, elle qui m’a protégée , elle qui m’écoutait lui raconter mes journées interminables , elle qui écoutait mes soucis d’enfant , elle qui soignait mes blessures , elle se trouvait à présent devant moi . Je me suis précipité à son chevet en la serrant très très fort dans mes bras . - ça faisait longtemps ...maman... Je pleurais comme une madeleine en l’enlaçant , je crois que c’était la première fois depuis son accident que j’avais autant pleuré . Mais il faut dire que de base j’étais une fille très pleurnicharde qui pleurait pour oui ou pour un non . J’avais beau laissé de masque de sourire pour empêcher une quelconque intrusion, face à elle je perds tous mes moyens , je deviens fragile et innocente tel un bébé qui vient de naître criant pour appeler sa maman . Je pleurais et pleurais , sans m’arrêter . J’avais vraiment besoin ça , non en fait j’avais besoin d’elle . J’aurai tant voulu que rien ne change , sans cet accident on aurait encore été ensemble , elle m’aurais vu grandir , elle m’aurait soutenue comme à son habitude , comme une mère le ferait , j’irais pu avoir des bras où me réfugier , une épaule sur laquelle pleurer . Mais bon à quoi bon ressasser le passé ce qui est fait est fait . Même si je le voulais jamais je ne pourrais effacer toutes ces années d’absences , elles sont indélébiles , je ne pourrais jamais retourner en arrière , c’est impensable . Malgré tout cette partie aussi sombre soit elle fait partie de ma vie de ce qui m’a construit et aidé à être celle que je suis aujourd’hui. Après des minutes et des minutes à pleurer je me suis enfin calmée je ne savais plus où me mettre ni quoi faire. Pendant tout ce temps elle tait restée figée , regardant à travers la vitre . Même si je sais que c’est parce que sa santé mentale se détériore ça m’a un peu fait mal. - maman tu m’as vraiment manqué -........ - j’espère que tu te portes bien et que tu ne manque de rien ici et qu’on s’occupe bien de toi . - tu .. tu es qui ? Ça question sonnait vraiment faux . C’était comme un poignard en plein cœur . Ce n’est pourtant pas de sa faute mais alors pourquoi cette question me fait elle autant mal , pourquoi cette question raisonne encore et encore dans mon cerveau ... pourquoi ? J’aurais au moins voulu qu’elle se souvienne de moi je suis sa fille , son sang , elle m’a portée neuf mois dans son ventre ce n’est pas une chose qu’on oublie facilement . En pensant comme cela c’est comme si j’étais en train de lui faire des reproches . Je le sais bien qu’elle n’y ait pour rien , je le sais qu’elle n’a pas demandé tout ça , ni cet accident ni ce qui a suivi après . Mais alors pourquoi j’ai l’impression de lui en vouloir ? Je devrais plutôt la soutenir au lieu de me lamenter , ce n’est pas comme si j’étais la seule à souffrir . Je suis vraiment nulle je me lamente à longueur de journée , je me plains tout le temps alors que d’autres ayant un sort pire que le mien l’accepte sans broncher . Qu’est ce qui m’arrive depuis quand je suis comme cela . J’ai l’impression que cette lumière que j’avais tant poursuivi, cette lumière qui me maintenait en vie et me donner la force d’avancer est en train de disparaître petit à petit . Son état semble être pire que ce que je croyais . Le choc est brutal , plus que je ne l’aurais imaginé . Je comprend mieux maintenant pourquoi mon père ne voulait pas que je la voit . Mais non ! Que suis je en train de dire , que suis je en train de raconter , ce n’est pas moi ça je me trompe carrément et sur toute la ligne . Elle aurait pu être morte mais Dieu me l’a laissée . Même si elle ne se souvient plus de moi c’est à moi de me rapprocher d’elle et petit à petit elle s’habituera à nouveau à moi . Je me fais peut être des idées mais peut être qu’après elle se souviendra peut être petit à petit .... - je suis ta fille maman - ma ... fille ? - oui je m’appelle Nadia . Tu ne t’en souviens peut être pas mais on vivait ensemble avant . Tu m’aimais tellement et je suppose que c’est toujours le cas tu as juste oubliée mais ne t’inquiète pas je t’aiderai à te rappeler . -....... - ce n’est pas grave si tu ne me réponds pas . Malgré tout je suis vraiment très heureuse de t’avoir revu ça faisait des années que je rêvais de ce moment et quelque part en toi je suis sûr que c’est le cas . Même si tu n’en a pas encore conscience j’attendrai je te le promet , je serai patiente et je resterai avec toi. -..... - Même si je n’en ai pas l’air je suis vraiment une pleurnicharde au fond . J’essaie d’être forte , mais en vrai ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser . Je te jure que je fais des efforts . La vie n’a pas toujours été tendre avec moi mais j’essaie de ne pas me plaindre ça aurait pu être pire . - ....... - je suis désolée je dois vraiment te soûler avec mes histoires , je suis trop égoïste je ne pense qu’à moi . Mon père m’a interdit de revenir mais j’essaierai de le faire en cachette , je ne peux pas te quitter à nouveau comme ça , je veux rester à tes côtés quoi qu’il arrive donc attend moi ..... J’entendis soudain un coup à la porte , c’était mon père qui me disait qu’on devait partir . - c’était vraiment court mais je reviendrai ne t’inquiète pas . Et on parlera plus longtemps . Porte toi bien maman . Essaie de ne pas déprimer , soigne toi et écoute ce que te disent les médecins comme ça tu guériras vite et on pourra rentrer tous ensemble à la maison . Bon j’y vais . Je lui fais un bisous sur le front avant de tourner les talons - Merci .... J’ai cru avoir rêvé et me suis donc retournée. Ce n’était pas une hallucination elle m’a vraiment dit merci , je crois que je ne pouvais être plus heureuse à cet instant . Il ne faut pas que j’abandonne je pars peut être mais ce ne sont pas des adieux juste un au revoir . Je la reverrai pour sûr. Mais en attendant cela il me faut être forte même si ce ne sera que temporaire , il me faut ternir bon , pour moi , mais surtout pour elle , tout ce que je veux c’est qu’elle soit heureuse ......
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