Chapitre 5

3269 Words
Vers la mi-juillet, Levine vit arriver le starosta du bien de sa sœur, situé à vingt verstes de Pakrofsky, avec son rapport sur la marche des affaires et sur la fenaison. Le principal revenu de cette terre provenait de grandes prairies inondées au printemps, que les paysans louaient autrefois moyennant 20 roubles la dessiatine. Lorsque Levine prit l’administration de cette propriété, il trouva, en examinant les prairies, que c’était là un prix trop modique, et mit la dessiatine à 25 roubles. Les paysans refusèrent de les prendre à ces conditions et, comme le soupçonna Levine, firent en sorte de décourager d’autres preneurs. Il fallut se rendre sur place, louer des journaliers, et faucher à son compte, au grand mécontentement des paysans, qui mirent tout en œuvre pour faire échouer ce nouveau plan. Malgré cela, dès le premier été, les prairies rapportèrent près du double. La résistance des paysans se prolongea pendant la seconde et la troisième année, mais, cet été, ils avaient proposé de prendre le travail en gardant le tiers de la récolte pour eux, et le starosta venait annoncer que tout était terminé. On s’était pressé, de crainte de la pluie, et il fallait faire constater le partage et recevoir les onze meules qui formaient la part du propriétaire. Levine se douta, à la hâte qu’avait mise le starosta à établir le partage sans en avoir reçu l’ordre de l’administration principale, qu’il y avait là quelque chose de louche ; l’embarras du paysan, le ton dont il répondit à ses questions, tout lui fit penser qu’il serait prudent de tirer lui-même l’affaire au clair. Il arriva au village vers l’heure du dîner, laissa ses chevaux chez un vieux paysan de ses amis, le beau-frère de sa nourrice, puis se mit à chercher ce vieillard du côté où il gardait ses ruches, espérant obtenir de lui quelque éclaircissement sur l’affaire des prairies. Le bonhomme reçut le maître avec des démonstrations de joie, lui montra son petit domaine en détail, lui raconta longuement l’histoire de ses ruches et de ses essaims de l’année, mais répondit vaguement, et d’un air indifférent, aux questions qu’il lui posa. Les soupçons de Levine furent ainsi confirmés. Il se rendit de là aux meules, les examina, et trouva invraisemblable qu’elles continssent 50 charretées, comme l’affirmaient les paysans ; il fit en conséquence venir une des charrettes qui avaient servi de mesure, et donna l’ordre de transporter tout le foin d’une des meules dans un hangar. La meule ne se trouva fournir que 32 charretées. Le starosta eut beau jurer ses grands dieux que tout s’était passé honnêtement, que le foin avait dû se tasser, Levine répondit que, le partage s’étant fait sans son ordre, il n’acceptait pas les meules comme valant 50 charretées. Après de longs pourparlers, il fut décidé que les paysans garderaient les onze meules pour eux, et qu’on ferait un nouveau partage pour le maître. Cette discussion se prolongea jusqu’à l’heure de la collation. Le partage fait, Levine alla s’asseoir sur une des meules marquées d’une branche de cytise, et admira l’animation de la prairie avec son monde de travailleurs. Devant lui, la rivière formait un coude, et sur les bords on voyait des femmes se mouvoir en groupes animés autour du foin, le remuer, le soulever en traînées ondoyantes d’un beau vert clair, et le tendre aux hommes qui, à l’aide de longues fourches, l’enlevaient pour former de hautes et larges meules. À gauche, sur la prairie, arrivaient à grand bruit, à la file, les télègues sur lesquelles on chargeait la part des paysans ; les meules disparaissaient, et, sur les charrettes derrière les chevaux, s’amoncelait le fourrage odorant. « Quel beau temps ! dit le vieux en s’asseyant près de Levine ; le foin est sec comme du grain à répandre devant la volaille. Depuis le dîner, nous en avons bien rangé la moitié, ajouta-t-il en montrant du doigt la meule qu’on défaisait. – Est-ce la dernière ? cria-t-il à un jeune homme debout sur le devant d’une télègue, qui passait près d’eux en agitant les brides de son cheval. – La dernière, père ! – répondit le paysan en souriant ; et, se tournant vers une femme fraîche et animée, assise dans la charrette, il fouetta son cheval. – C’est ton fils ? demanda Levine. – Mon plus jeune, répondit le vieux avec un sourire caressant. – Le beau garçon ! – N’est-ce pas ! – Et déjà marié ? – Oui, il y a deux ans, à la Saint-Philippe. – A-t-il des enfants ? – Des enfants ! ah bien oui ! il a fait l’innocent pendant plus d’un an ; il a fallu lui faire honte… Pour du foin, c’est du foin, » ajouta-t-il, désireux de changer de conversation. Levine regarda avec attention le jeune couple chargeant non loin de là leur charrette ; le mari, debout, recevait d’énormes brassées de foin qu’il rangeait et tassait ; sa jeune compagne les lui tendait d’abord avec les bras, ensuite avec une fourche ; elle travaillait gaiement et lestement, se cambrant en arrière, avançant sa poitrine couverte d’une chemise blanche retenue par une ceinture rouge. La voiture pleine, elle se glissa sous la télègue pour y attacher la charge. Ivan lui indiquait comment les cordes devaient être fixées, et, sur une observation de la jeune femme, partit d’un éclat de rire bruyant. Un amour jeune, fort, nouvellement éveillé, se peignait sur ces deux visages. La charrette bien cordée, Ivan sauta à terre et prit le cheval, une bête solide, par la bride, puis se mêla à la file des télègues qui regagnaient le village ; la jeune femme jeta son râteau sur la charrette, et alla d’un pas ferme se joindre aux autres travailleuses, rassemblées en groupe à la suite des voitures. Ces femmes, vêtues de jupes aux couleurs éclatantes, le râteau sur l’épaule, joyeuses et animées, commencèrent à chanter ; l’une d’elles entonna d’une voix rude et un peu sauvage une chanson que d’autres voix, fraîches et jeunes, reprirent en chœur. Levine, couché sur la meule, voyait approcher ces femmes comme un nuage gros d’une joie bruyante, prêt à l’envelopper, à l’enlever, lui, les meules et les charrettes. Au rythme de cette chanson sauvage avec son accompagnement de sifflets et de cris aigus, la prairie, les champs lointains, tout lui parut s’animer et s’agiter. Cette gaieté lui faisait envie ; il aurait voulu y prendre part, mais ne savait exprimer ainsi sa joie de vivre, et ne pouvait que regarder et écouter. La foule passée, il fut saisi du sentiment de son isolement, de sa paresse physique, de l’espèce d’hostilité qui existait entre lui et ce monde de paysans. Ces mêmes hommes avec lesquels il s’était querellé, et auxquels, si leur intention n’était pas de le tromper, il avait fait injure, le saluaient maintenant gaiement au passage, sans rancune, et aussi sans remords. Le travail avait effacé tout mauvais souvenir ; cette journée consacrée à un rude labeur trouvait sa récompense dans ce labeur même. Dieu qui avait donné ce jour, avait aussi donné la force de le traverser, et personne ne songeait à se demander pourquoi ce travail, et qui jouirait de ses fruits. C’étaient des questions secondaires et insignifiantes. Bien souvent, cette vie laborieuse avait tenté Levine ; mais aujourd’hui, sous l’impression que lui avait causée la vue d’Ivan et de sa femme, il sentait, plus vif que jamais le désir d’échanger l’existence oisive, artificielle, égoïste dont il souffrait, pour celle de ces paysans, qu’il trouvait belle, simple et pure. Resté seul sur sa meule, tandis que les habitants du voisinage rentraient chez eux, et que ceux qui venaient de loin s’installaient pour la nuit dans la prairie et préparaient le souper, Levine, sans être vu, regardait, écoutait, songeait. Il passa presque entière sans sommeil cette courte nuit d’été. Pendant le souper, les paysans bavardèrent gaiement, puis ils entonnèrent des chansons. Leur longue journée de travail n’avait laissé d’autre trace que la gaieté. Un peu avant l’aurore, il se fit un grand silence. On n’entendait plus que le coassement incessant des grenouilles dans le marais, et le bruit des chevaux s’ébrouant sur la prairie. Levine revint à lui, quitta sa meule, et s’aperçut, en regardant les étoiles, que la nuit était passée. « Eh bien, que vais-je faire ? Et comment réaliser mon projet ? » se dit-il en cherchant à donner une forme aux pensées qui l’avaient occupé pendant cette courte veillée. D’abord, songeait-il, il faudrait renoncer à sa vie passée, à son inutile culture intellectuelle, renoncement facile, qui ne lui coûterait nul regret. Puis il pensait à sa future existence, toute de simplicité et de pureté, qui lui rendrait le repos d’esprit et le calme qu’il ne connaissait plus. Restait la question principale : comment opérer la transition de sa vie actuelle à l’autre ? Rien à ce sujet ne lui semblait bien clair. Il faudrait épouser une paysanne, s’imposer un travail, abandonner Pakrofsky, acheter un lopin de terre, devenir membre d’une commune… Comment réaliser tout cela ? « Au surplus, se dit-il, n’ayant pas dormi de la nuit, mes idées ne sont pas nettes ; une seule chose est certaine, c’est que ces quelques heures ont décidé mon sort. Mes rêves d’autrefois ne sont que folie ; ce que je veux sera plus simple et meilleur. – Que c’est beau, pensa-t-il en admirant les petits nuages rosés qui passaient au-dessus de sa tête, semblables au fond nacré d’une coquille ; que tout, dans cette charmante nuit, est charmant ! Et comment cette coquille a-t-elle eu le temps de se former ? J’ai regardé le ciel tout à l’heure, et n’y ai vu que deux b****s blanches ! Ainsi se sont transformées, sans que j’en eusse conscience, les idées que j’avais sur la vie. » Il quitta la prairie et s’achemina le long de la grand’route vers le village. Un vent frais s’élevait ; tout prenait, à ce moment qui précède l’aurore, une teinte grise et triste, comme pour mieux accuser le triomphe du jour sur les ténèbres. Levine marchait vite pour se réchauffer, en regardant la terre à ses pieds ; une clochette tinta dans le lointain. « C’est quelque voiture qui passe », se dit-il. À quarante pas de lui, venant à sa rencontre sur la grand’route, il vit une voiture de voyage attelée de quatre chevaux. La route était mauvaise, et pour éviter les ornières, les chevaux se pressaient contre le timon, mais le yamtchik [8] adroit, assis de côté sur son siège, les dirigeait si bien, que les roues ne passaient que sur la partie unie du chemin. Levine regarda distraitement la voiture sans songer à ceux qu’elle pouvait contenir. Une vieille femme y sommeillait, et à la portière une jeune fille jouait avec le ruban de sa coiffure de voyage ; sa physionomie calme et pensive semblait refléter une âme élevée. Elle regardait les lueurs de l’aurore au-dessus de la tête de Levine. Au moment où la vision allait disparaître, deux yeux limpides s’étaient arrêtés sur lui ; il la reconnut, et une joie étonnée illumina son visage. Il ne pouvait s’y tromper : ces yeux étaient uniques au monde, et une seule créature humaine personnifiait pour lui la lumière de la vie et sa propre raison d’être. C’était elle. C’était Kitty. Il comprit qu’elle se rendait de la station du chemin de fer à Yergoushovo, et aussitôt les résolutions qu’il avait prises, les agitations de sa nuit d’insomnie, tout s’évanouit. L’idée d’épouser une paysanne lui fit horreur. Là, dans cette voiture qui s’éloignait, était la réponse à l’énigme de l’existence qui le tourmentait si péniblement. Elle ne se montra plus. Le bruit des roues cessa de se faire entendre ; à peine le son des clochettes venait-il jusqu’à lui ; il reconnut, aux aboiements des chiens, que la voiture traversait le village. De cette vision, il ne restait que les champs déserts, le village lointain, et lui-même, seul, étranger à tout, marchant solitaire le long de la route abandonnée. Il regarda le ciel, espérant y retrouver ces teintes nacrées qu’il avait admirées, et qui lui avaient semblé personnifier le mouvement de ses idées et de ses sentiments pendant la nuit : rien n’y rappelait plus les teintes d’une coquille. Là-haut, à des hauteurs incommensurables, s’était opérée la mystérieuse transition qui, à la nacre, avait fait succéder un vaste tapis de petits nuages moutonnants. Le ciel devenait peu à peu lumineux et d’un beau bleu, et répondait avec autant de douceur et moins de mystère à son regard interrogateur. « Non, pensa-t-il, quelque belle que soit cette vie simple et laborieuse, je n’y puis plus revenir. C’est elle que j’aime. » Personne, excepté ses familiers, ne soupçonnait qu’Alexis Alexandrovitch, cet homme froid et raisonnable, fût la proie d’une faiblesse en contradiction absolue avec la tendance générale de sa nature. Il ne pouvait voir pleurer un enfant ou une femme sans perdre son sang-froid ; la vue de ces larmes le troublait, le bouleversait, lui ôtait l’usage de ses facultés. Ses subordonnés le savaient si bien qu’ils mettaient les solliciteuses en garde contre tout accès de sensibilité afin de ne pas compromettre leur affaire. « Il se fâchera et ne vous écoutera plus », disaient-ils. Effectivement, le trouble que les larmes causaient à Alexis Alexandrovitch se traduisait par une colère agitée. « Je ne peux rien pour vous, veuillez sortir », disait-il généralement en pareil cas. Lorsque, en revenant des courses, Anna lui eut avoué sa liaison avec Wronsky et, se couvrant le visage de ses mains, eut éclaté en sanglots, Alexis Alexandrovitch, quelque haine qu’il éprouvât pour sa femme, ne put se défendre d’un trouble profond. Pour éviter toute marque extérieure incompatible avec la situation, il chercha à s’interdire jusqu’à l’apparence de l’émotion, et resta immobile sans la regarder, avec une rigidité mortelle qui frappa vivement Anna. En approchant de la maison, il fit un grand effort pour descendre de voiture et pour quitter sa femme avec les dehors de politesse habituels ; il lui dit quelques mots qui n’engageaient à rien, bien résolu à remettre toute espèce de décision au lendemain. Les paroles d’Anna avaient confirmé ses pires soupçons, et le mal qu’elle lui avait fait et qu’aggravaient ses larmes, était cruel. Cependant, resté seul en voiture, Alexis Alexandrovitch se sentit soulagé d’un grand poids. Il lui sembla qu’il était débarrassé de ses doutes, de sa jalousie, de sa pitié. Il éprouvait la même sensation qu’un homme souffrant d’un v*****t mal de dents, auquel on vient d’arracher sa dent malade ; la douleur est terrible, l’impression d’un corps énorme, plus gros que la tête, qu’on enlève de la mâchoire, affreuse, mais c’est à peine si le patient croit à son bonheur ; la douleur qui a empoisonné sa vie si longtemps n’existe plus ; il peut penser, parler, s’intéresser à autre chose qu’à son mal. Alexis Alexandrovitch en était là. Il avait éprouvé une souffrance étrange, terrible, mais c’était fini : il pourrait dorénavant avoir d’autre pensée que celle de sa femme. « C’est une femme perdue, sans honneur, sans cœur, sans religion. Je l’ai toujours senti, et c’est par pitié pour elle que j’ai cherché à me faire illusion. » Et c’était sincèrement qu’il croyait avoir été perspicace ; il se remémorait divers détails du passé, jadis innocents à ses yeux, qui lui paraissaient maintenant autant de preuves de la corruption d’Anna. « J’ai commis une erreur en liant ma vie à la sienne, mais mon erreur n’a rien eu de coupable, par conséquent je ne dois pas être malheureux. La coupable, c’est elle ; ce qui la touche ne me concerne plus, elle n’existe plus pour moi… » Il cessait de s’intéresser aux malheurs qui pouvaient la frapper ainsi que son fils, pour lequel ses sentiments subissaient le même changement ; l’important était de sortir de cette crise d’une façon sage, correcte, en se lavant de la boue dont elle l’éclaboussait, et sans que sa vie à lui, vie honnête, utile, active, fût entravée. « Faut-il me rendre malheureux parce qu’une femme méprisable a commis une erreur ? Je ne suis ni le premier ni le dernier dans cette situation. » Et, sans parler de l’exemple historique que la belle Hélène venait de rafraîchir récemment dans toutes les mémoires, Alexis Alexandrovitch se souvint d’une série d’épisodes contemporains où des maris de la position la plus élevée avaient eu à déplorer l’infidélité de leurs femmes. « Darialof, Poltovsky, le prince Karibanof, Dramm, oui, l’honnête et excellent Dramm, Semenof, Tchaguine ! Mettons qu’on jette un ridicule injuste sur ces hommes ; quant à moi, je n’ai jamais compris que leur malheur, et les ai toujours plaints », pensait Alexis Alexandrovitch. C’était absolument faux : jamais il n’avait songé à s’apitoyer sur eux, et la vue du malheur d’autrui l’avait toujours grandi dans sa propre estime. « En bien, ce qui a frappé tant d’autres me frappe à mon tour. L’essentiel est de savoir tenir tête à la situation. » Et il se rappela les diverses façons dont tous ces hommes s’étaient comportés. « Darialof a pris le parti de se battre… » Dans sa jeunesse, et en raison même de son tempérament craintif, Alexis Alexandrovitch avait souvent été préoccupé de la pensée du duel. Rien ne lui semblait terrible comme l’idée d’un pistolet braqué sur lui, et jamais il ne s’était servi d’aucune arme. Cette horreur instinctive lui inspira bien des réflexions ; il chercha à s’habituer à l’éventualité possible où l’obligation de risquer sa vie s’imposerait à lui. Plus tard, parvenu à une haute position sociale, ces impressions s’effacèrent ; mais l’habitude de redouter sa propre lâcheté était si forte, qu’en ce moment Alexis Alexandrovitch resta longtemps en délibération avec luimême, envisageant la perspective d’un duel, et l’examinant sous toutes ses faces, malgré la conviction intime qu’il ne se battrait en aucun cas. « L’état de notre société est encore si sauvage que bien des gens approuveraient un duel : ce n’est pas comme en Angleterre. » Et dans le nombre de ceux que cette solution satisferait, Alexis Alexandrovitch en connaissait à l’opinion desquels il tenait. « Et à quoi cela mènerait-il ? Admettons que je le provoque. » Ici il se représenta vivement la nuit qu’il passerait après la provocation, le pistolet dirigé sur lui, et il frissonnait à l’idée que jamais il ne pourrait rien supporter de pareil. « Admettons que je le provoque, que j’apprenne à tirer, que je sois là devant lui, que je presse la détente, continua-t-il en fermant les yeux, que je l’aie tué ! » Et il secoua la tête pour chasser cette pensée absurde. « Quelle logique y aurait-il à tuer un homme pour rétablir mes relations avec une femme coupable et son fils ? La question sera-t-elle résolue ? Et si, ce qui est beaucoup plus vraisemblable, le blessé ou le tué, c’est moi ? moi qui n’ai rien à me reprocher et qui deviendrais la victime ? Ne serait-ce pas plus illogique encore ? Serait-il honnête de ma part d’ailleurs de le provoquer, sûr, comme je le suis d’avance, que mes amis interviendraient pour ne pas exposer la vie d’un homme utile au pays ? N’aurais-je pas l’air de vouloir attirer l’attention sur moi par une provocation qui ne pouvait mener à rien ? Ce serait chercher à tromper les autres et moi-même. Personne n’attend de moi ce duel absurde. Mon seul but doit être de garder ma réputation intacte et de ne souffrir aucune entrave à ma carrière. » Le « service de l’État », toujours important aux yeux d’Alexis Alexandrovitch, le devenait plus encore.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD