L’Île du Secret

1085 Words
La semaine avait été longue. Entre répétitions, interviews, déplacements, Ulrich n’avait qu’une seule pensée fixe à chaque pause, chaque respiration, chaque minute volée : Arthy. Elle n’avait rien demandé. Elle ne connaissait rien du monde des célébrités. Elle ne jouait pas un rôle. Elle ne calculait pas. Elle riait facilement. Elle répondait vite. Elle disait ce qu’elle pensait, sans filtre. Et surtout… Elle n’avait jamais tremblé devant lui. Ça l’avait rendu accro. ⸻ 1. Les appels de nuit Au début, ils s’envoyaient juste des messages. Simples. Innocents. Ulrich : “T’es encore réveillée ?” Arthy : “Oui. Je coupe les légumes pour demain.” Ulrich : “À cette heure ?” Arthy : “J’ai une vie dure moi. Toi tu te maquilles seulement.” Il éclatait de rire seul dans son studio. Puis les messages sont devenus des appels. Des petits. Des timides. — Allô ? — Ouais… c’est moi. — Pourquoi tu chuchotes ? — Je suis au studio… tout le monde dort. — Ah… donc tu m’appelles en cachette hein. — Si tu dis ça comme ça, on dirait un truc dangereux. — C’est dangereux. — Parce que… ? — Parce que tu vas t’attacher à moi si tu continues. — Trop tard. Silence de 3 secondes. Des secondes qui valent des pages de roman. Arthy avait baissé la voix : — Tu parles comme ça à toutes les filles ? — Non… Je parle comme ça qu’à toi. Elle avait senti son cœur faire un salto arrière. Les appels devinrent plus longs. Ils parlaient de tout : de rêves, de peurs, des choses qu’ils n’avaient jamais confiées aux autres. Une complicité naissait. Une lumière douce dans la vie d’Ulrich. Une chaleur nouvelle dans celle d’Arthy. ⸻ 2. Le premier rendez-vous Un soir, il lâcha la bombe : — Arthy… tu peux sortir demain soir ? — Hein ? Pour quoi faire ? — Respirer avec moi. Elle rit. — Ça veut dire quoi ça ? — Je veux passer du temps avec toi. Sans messages. Sans écran. Juste toi et moi. Elle devint silencieuse. — Je sais pas si c’est une bonne idée…, dit-elle doucement. — Pourquoi ? — Parce que je sens que si je sors avec toi… je vais m’attacher vite. — Et alors ? — Et alors j’aime pas perdre. Ulrich respira profondément. — Laisse-moi perdre avec toi alors. Ses mots la transpercèrent. Le lendemain, ils se retrouvèrent près du fleuve, dans un coin calme, loin des regards. Arthy portait une robe simple, beige, cheveux attachés. Ulrich, lui, portait un hoodie—toujours incognito. Ils marchèrent longtemps. Ils parlèrent. Ils se taquinèrent. Ils restèrent assis près de l’eau, silencieux mais connectés. Et sans réfléchir, il lui prit la main. Elle laissa faire. Son cœur battait vite, mais elle ne retira pas sa main. La soirée se termina par : — Tu me plais beaucoup, Arthy. — Toi aussi… plus que je veux l’admettre. Il rentra en flottant. Elle rentra en souriant comme une idiote amoureuse. ⸻ 3. L’invitation Deux jours plus tard, Ulrich l’appela : — Arthy ? — Hm ? — Tu m’as manqué. Elle sourit. — T’exagères. Ça fait même pas 48 heures. — Oui mais… j’ai une idée. — Ah non. Tes idées me donnent des palpitations. — Viens avec moi ce week-end. — Où ça ? — Une île. — Une quoi ? — Une île calme, pas loin. Pas de fans, pas de caméras, pas de stress. Elle bloqua. — Pourquoi moi ? — Parce que… j’ai envie de te voir vraiment. Pas entre deux appels. Pas en cachette. Pas en courant. Juste toi et moi. J’ai envie de te connaître. J’ai envie de respirer avec toi. Elle sentit son cœur se serrer. — Tu invites souvent des filles sur une île ? — Jamais. Tu es la première. — Seri— — Je suis sérieux. Elle souffla. — D’accord… mais c’est toi qui paies hein. — Je paie tout. Même ta bonne humeur. — La bonne humeur est chère. — Je suis riche. — Alors ok. ⸻ 4. L’île — L’amour commence L’île était petite, calme, silencieuse. Ils marchèrent sur la plage pieds nus. Ils rirent. Ils mangèrent ensemble. Ulrich la regardait comme un tableau. Arthy souriait comme s’il n’avait jamais été célèbre. La nuit arriva. Le vent faisait bouger les lampions. Ils étaient seuls dans la petite maison qu’il avait louée. Et là… le cœur fit le travail. Il s’approcha doucement. — Tu sais… je suis vraiment bien avec toi, murmura-t-il. Elle leva les yeux, un peu timide. — Moi aussi. Il posa sa main sur sa joue. Elle frissonna. — Arthy… — Oui…? — Je t’aime bien. Trop même. Elle rit nerveusement. — Moi aussi je t’aime bien. — Comment “bien” ? — Bien… beaucoup… trop… j’en sais rien. Ça me dépasse. Il l’embrassa. Doucement. Sans brutalité. Sans pression. Juste un b****r tendre. Un b****r qui dit : “J’ai envie de toi, mais je te respecte.” Elle répondit. Son cœur se mit à battre comme jamais. Et cette nuit-là… ils s’aimèrent. Pas explicitement, mais intensément. Pas brutalement, mais profondément. Corps contre corps. Respirs partagés. Mains qui se cherchent. Mots doux murmurés dans le noir. — Arthy… — Hm… — Je te promets que je te ferai jamais de mal. — Et moi… je te promets de rester tant que tu me veux. Il la serra fort. Elle posa sa tête contre son torse. Le monde entier disparut. Ils parlèrent longtemps, couchés l’un contre l’autre, à moitié endormis : — Tu me rends heureux, Arthy. — Toi aussi… et ça me fait peur. — Pourquoi ? — Parce que quand on aime quelqu’un, le monde devient dangereux. — Alors on affrontera le monde ensemble. Elle leva les yeux. — Tu penses ça ? — Je suis sûr. — Ulrich… — Tu peux m’appeler comme tu veux. — D’accord… James. — Toi, tu peux m’appeler Ulrich. — Toi, tu peux m’appeler fou d’amour. — Je le suis peut-être déjà. Ils s’endormirent enlacés. ⸻ 5. Pendant ce temps, ailleurs… Dans Séoul, au même moment, dans des chambres, dans les rues, dans les recoins, dans les files d’attente… des fans d’Ulrich mouraient. Une par une. Technique. Invisible. Propre. La police parlait d’une possible série de malaises. Les fans parlaient d’une malédiction. Les réseaux s’enflammaient. Mais Ulrich ne voyait rien. Il était trop occupé à aimer. Et Arthy… elle ne savait pas qu’elle était devenue la cible finale.
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