XIIJe suis comme groggy lorsque je pose les fesses sur le siège de la voiture. Il me revient en mémoire une conversation que nous avons eue, Murielle et moi, il y a sept ou huit mois. On était à la maison, au lit plus exactement, et après avoir fait l’amour, on discutait à voix basse, nos corps serrés l’un contre l’autre. On se disait que notre rencontre, à un tournant de la vie où chacun cherchait l’âme sœur sans plus trop y croire, était certainement ce qui nous était arrivé de mieux. Nous tombâmes également d’accord sur le fait que nous aurions voulu nous rencontrer des années auparavant, voire au sortir de l’adolescence, pour entrer ensemble dans la vie d’adulte. Alors, pour tâcher de rattraper le temps perdu si tant est qu’il se rattrape un jour, je l’ai questionnée sur sa vie d’adole

