Chapitre XVIIIAprès que Clément a battu, humilié Tony, anéanti dans le sacrifice de cet enfant la cruauté de ses camarades, il s’installe entre eux deux un moment de paix douce-amère, fait chez l’un d’épuisement, chez l’autre de soulagement, chez l’un et l’autre de la conscience d’un état misérable. Souvent ils se taisent. Clément, honteux de lui-même jusqu’à la nausée, mais allégé du poids de détresse et d’humiliation que la journée a fait peser sur lui, songe parfois à son père, à la force de son père, à ce que penserait de lui son père qui, à son âge, affrontait Goliath, s’il le voyait s’acharner sur un David désarmé. Parfois aussi, près de ce petit corps abandonné comme après l’amour dans la pauvre certitude d’une paix précaire, dans le bonheur minuscule et suffisant de sentir la doule

