Maman Khadija avait complètement chamboulé mes pensées, en y allant, je ne pensais pas du tout qu'elle me conseillerait d'en parler à Habib une bonne fois pour toute. J'étais à présent plus perdue que jamais, mais au fond de moi, je me disais que Ismaila n'oserait jamais me faire du mal un jour, il m'avait trop protégé auparavant, donc impossible pour moi de penser qu'il puisse faire quoi que ce soit qui pourrait m'être nuisible.
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Arrivée à la maison, je n'avais pas la force de faire quoi que ce soit, heureusement, Penda est rentrée de son week-end de repos quelques minutes après nous.
Après le dîner, Habib est sortie faire un tour avec les enfants, je n'étais pas trop chaude pour, donc ils m'ont laissé seule à la maison avec Penda.
Après avoir pris une bonne douche, je me suis allongée sur un des fauteuils du salon, et j'ai zappé les chaînes pendant quelques minutes, ne trouvant rien d'interessant, j'ai décidé d'aller me coucher.
Mais bien sûr, je ne trouvais pas le sommeil, ma tête était trop lourde, mes idées trop sombres, mes pensées trop floues.
L'angoisse, je crois que c'est l'un des pires sentiments qu'une personne peut ressentir, l'angoisse peut te rendre malade en quelques minutes, et avec de vrais maux.
J'étais malade, j'avais mal, mais je ne pouvais dire où
Je me voyais mal, me mettre face à Habib et lui dire que j'ai couché avec un autre homme dans Sa maison et sur Notre lit. Avec tout ce que je lui avais fait subir quand il m'a raconté son aventure avec Bineta, quelle honte !
J'avais honte de moi même, ma mère j'étais sûr que de là où elle était, elle me maudissait, Momo pareil. Mon père ? Quand je pensais à notre dernière altercation qui a été verbalement très violente, avec tout ce que je lui avais dit, il aurait été très heureux de savoir que j'étais dans les ténèbres.
Ne dit-on pas en Afrique, plus précisément au Sénégal que les parents sont des roches et nous les enfants sommes des œufs, si nous tombons sur eux, nous nous cassons la figure, quand ils tombent sur nous, nous nous cassons la figure aussi.
Proverbe qui peut retrouver son sens dans plusieurs cas certes, mais avec des limites que les parents voient malheureusement comme de l'indiscipline, de l'incorrection....
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A l'arrivée d'Habib et des enfants, je commençais déjà à somnoler, je me suis levée à l'entente de la sonnette
Moi : De retour ? Vous vous êtes bien amusé ? _____ questionnai-je en prenant Mouhamed qui dormait dans les bras de son père
Habib : Oui c'était bien, on a bien rigolé
Fatima : Maman tu as trop raté c'était troooooop cool _____ chantonna t'elle
Moi : Ah bon ? Oh mince alors, prochaine fois, c'est promis je viendrai avec vous même si je ne me sens pas bien. D'accord ?
Elle : Hum d'accord ____ dit-elle avant d'ouvrir grand la bouche pour bailler
Habib : C'est l'heure d'aller se coucher Mademoiselle, le marchand de sable approche allez vas te changer, te brosser les dents ensuite dodo
Elle : D'accord , bonne nuit papa et maman ____ lança t'elle avant de courir vers sa chambre
Habib : Bonne nuit ma poule .....
Je fis de même avec Mouhamed, qui heureusement dormait déjà, sinon il m'aurait fait passer un sale quart d'heure ce petit diable.
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Habib : Bébé ? Tu dors ?
Moi : Hum ?
Lui : Je veux qu'on parle vite fait, s'il te plaît
Moi : D'accord, je t'écoute ____ répondis-je avant de me lever pour m'adosser à la tête du lit
Il était déjà assis, jambes croisées à l'indienne,
Lui : Mounasse, je voudrai qu'on éclaircisse quelques petites choses avant d'avancer c'est important pour moi, si nous voulons repartir sur de bonnes bases
Moi : Oui, tu as raison, cette conversation je voulais qu'on l'aie depuis longtemps, mais je ne savais pas quels mots employer pour que cette discussion soit calme, et que tu puisse m'écouter jusqu'à la fin
Oui, ça y est, je m'étais lancée, j'étais prête à tout lui avouer
Lui : Humm ? Comment ça ? Mounasse, tu n'as pas à te justifier pour ta réaction dé, elle a été très normale, tu as eu raison d'agir de la sorte tu étais perdue, tu ne savais plus qui croire, qui écouter ..... et ...... avec du recul, je me rends compte que j'ai été vraiment mauvais, je t'ai fais tellement de mal, tu ne méritais pas du tout ça, tu as failli mourir à cause de moi, tu as pleuré jour et nuit, perdu beaucoup de poids, tu t'es séparé des enfants, tu as eu mal au cœur tout ça à cause de moi, et pourtant tu es resté, tu essaies de me pardonner, tu essaies d'oublier malgré tout.
Il prit une petite pause pour prendre mes mains dans les siennes, j'ai baissé la tête toute honteuse, pensant à tout ce que j'ai eu à faire dans son dos
Lui : Mounasse je tiens à toi, à Fatima, à Mohamed, vous êtes tout pour moi et que je ne veux plus être loin de vous, j'ai demandé une affectation pour le Sénégal
J'ai cru mal entendre,
Moi : Quoi ? Tu es sérieux Habib ? ____ demandai-je la voix tremblante
Lui : Oui, je suis sérieux, mais c'est en cours, vu le poste que j'occupais, ils ne veulent pas prendre n'importe qui pour me remplacer, donc nos RH ont prévu de faire un recrutement en interne, et ça prend pas mal de temps, il faudra je participe à ce processus de recrutement, et que par la suite, moi même je forme cette personne, donc ... oui c'est assez compliqué mais bon .... je voulais garder, pour te faire la surprise plus tard, mais je ne pouvais plus attendre
Moi : Je suis tellement contente, c'est une excellente nouvelle, tu ne pouvais pas mieux me surprendre, je t'aime _____ répondis-je en le prenant dans mes bras
Lui : Je veux que nous repartions sur de bonnes bases, je ne veux plus que tu souffres, rien ni personne ne pourra nous séparer, certes, l'histoire de Bineta est toujours d'actualité, sa mère me bombarde d'appels et de menaces, mais comme je l'ai dit au début, je ne l'aime pas et je ne la prendrai Jamais comme épouse, j'aurai besoin de ton soutien Mounasse, j'aurai besoin de ta compréhension pour combattre toutes ces personnes prêtes à tout pour me séparer de toi. Je peux compter sur toi ?
Moi : Oui, tu as ma parole
J'étais tellement angoissée, Habib se projetait déjà dans le futur, avec moi, les enfants, alors que je m'apprêtais à lui annoncer un terrible secret. Et si tout ce rêve se transformait en cauchemar ?
Lui : S'il te plaît promets moi que tu ne croiras que moi, peu importe ce qu'on te dira sur moi, tu n'y croira jamais tant que je n'aurai pas confirmé, et promets moi que tu seras patiente et assez forte
Je penchai ma tête vers l'arrière pour empêcher mes larmes de couler,
Lui : S'il te plaît arrête de pleurer, je ne veux plus te voir pleurer, si ce n'est de joie. Tu me promets tout ça ? Han ?
Moi : Oui, je te promets, ________ promettais-je la voix tremblante, avant d'éclater en sanglots, je ne pouvais plus contenir toute cette honte, ce stress, cette peur, ces regrets ....
Il me prit dans ses bras, et me caressais le bas du dos avec des mouvements circulaires
Après quelques minutes, je suis calmé, j'étais prête, à tout lui dire, à mes risques et périls ........
Il se leva et sortit de la chambre
Il revint quelques minutes après et me tendit un verre d'eau, que je bu d'un trait
Moi : Habib, j'ai quelque chose de très sérieux à t'avouer, mais avant tout, promets moi que peu importe la complexité de la situation, tu prendras toujours en compte l'amour inconditionnel que j'éprouve pour toi
Lui : Ne me fais pas peur Mounasse, qu'est ce qui se passe ? _____ fil-il inquiet en fronçant les sourcils
Mon cœur battait la chamade, mon ventre me faisait très mal, j'avais cette sensation de diarrhée que seule une personne stressée peut ressentir
Moi : Promets le moi d'abord, s'il te plaît
Lui : Ok je te promets, maintenant parle
Je pris une grande inspiration
Moi : Habib, j'ai été infidèle, j'ai commis l'adultère _____ baffouillai-je tête baissée
Lui : QUOI ? QU'EST CE QUE TU VIENS DE DIRE ?
Moi : Ne cries pas s'il te plaît, écoutes moi d'abord avant de t'énerver s'il te plaît écoute moi je t'en supplie _____ suppliai-je au bord des larmes
Il se leva sans aucun mot, et sortit calmement de la chambre .......