( Roi ZUZU )
Je n'avais jamais rien vu de tel. C'était la toute première fois de ma vie que mes yeux voyaient cela. Ce jeune garçon me fixait bizarrement et je fis de même. Pendant que je l'observais, je tremblais. Tout en moi chavirait. Mon cœur battait à vivre allure. J'ignorais pourquoi une peur atroce m'envahissait. Au bout d'un moment j'ai failli perdre l'équilibre. Je ne comprenais plus ce qui se passait. Je savais juste que sa présence me mettait mal à l'aise. De son côté, Karaba également se sentait mal. Elle ne m'avait rien dit mais je l'avais deviné à travers ses faits et gestes. Même pour m'exprimer à ce jeune garçon inconnu, cela était compliqué pour moi. Après maintes hésitations j'ai repris mes esprits en disant :
_ Qui es-tu ? D'où sors-tu et que cherches-tu à SOWETO ?
Il me regardait sans réagir. J'insistais en lui posant la même question plusieurs fois mais je n'obtenais que du silence. C'était inapproprié. C'est la première fois de ma vie que j'avais l'air ridicule devant un habitant de SOWETO. Je continuais de parler en lui demandant les raisons qui l'ont poussé à s'opposer à mes soldats. Il me fixait longuement puis au bout d'un moment il soupira. Ensuite il me répondait qu'il ne pouvait en aucun cas s'incliner devant la statue du diable. Aux yeux de tous, ce jeune garçon me faisait comprendre qu'il rejetait la religion que la reine Karaba et moi avions instaurée à SOWETO. Très furieuse, la reine Karaba ordonna à ce qu'on exécute ce garçon. Au lieu d'avoir peur, il se mit à sourire. Il riait sans arrêt. Le plus souvent plusieurs personnes se mettaient à pleurer lorsqu'on ordonnait à nos soldats leurs mises à mort mais ce gamin ne cessait de rire. C'était bien la première fois que je voyais cela. J'avoue que cela m'intriguait. Même la reine Karaba était surprise de sa réaction. Avant que les gardes ne l’emmènent, ce garçon s'approchait de moi puis il me confessa que j'allais mourir de ses propres mains. Il me rassurait que ce n'était qu'une question de temps. A ses mots, je lui ai donné une paire de gifle puis ensuite la reine Karaba lui a craché au visage.
_ Tuez et puis brûlez le. (Ordonnais-je à haute voix)
Pendant qu'ils emmenèrent le garçon, l'atmosphère menaçait tout à coup. La nature qui était calme se mit en mouvement. On pouvait noter un vent v*****t semblable à un ouragan qui dictait sa loi. Les animaux dans la brousse envahissent les habitants de SOWETO. Un bouleversement terrible d'événements se déchaînait sur le village de SOWETO. C'était un vrai désordre. Tout à coup, le féticheur du palais royal arrivait avec ses objets incantatoires. Tout le monde était terrifié. Je lui ai demandé ce qui se passait. Je voulais connaître les raisons de ce désordre que subissait le village de SOWETO. Le féticheur eut le temps de consulter les divinités. D'après l'oracle, le calme reviendra dans le village uniquement que si nous relâchons un prisonnier que mes hommes s’apprêtaient à tuer. D'après ses explications, le désordre avait commencé parce que karaba et moi avions ordonné la mise à mort d'un jeune homme. Ce jeune homme était Amandla. A la suite de cette annonce, mon coeur s'est mit à battre de manière accélérer. Je tremblais de peur. Je transpirais malgré la fraîcheur qu'il y avait. Le féticheur nous ordonnait d'empêcher aux soldats de le tuer car s'il mourait, un chaos s'abattra sur SOWETO et aucune divinité ne pourra nous sauver. Sans attendre une seconde de plus, je me suis levé du siège royal puis j'ai rejoins mes soldats. Je voulais les rattraper et les interdire de tuer le fameux Amandla. Arrivée sur l'endroit où était sensé se passer la décapitation d'Amandla, je fus surpris de voir ce dernier sain et sauf pendant qu'une dizaine de mes hommes étaient tous au sol. A en croire ce que mes deux yeux ont vu, il avait réussi à les neutraliser. Ce n'était qu'à cet instant que j'ai réalisé la grandeur de ce garçon.
_ Je sais qui tu es. Je sais à présent ce que tu vaux. Néanmoins, je ne comprends pas ce que tu es venu chercher dans mon village. (Disais-je)
_ Heureux de savoir enfin que tu as pu deviner qui je suis. Maintenant c'est l'heure de délivrer ce village de la merde dans laquelle ta femme et toi l'aviez mit. (Répondait-il)
_ Tu n'as rien à faire ici. Je te suggère de ramasser tes affaires et de t'en aller. Quitte ce village Amandla. (Ajoutais-je)
Il m'observait sans réagir. Pour un garçon de son âge, je ne pouvais jamais imaginer qu'il incarnait une force de cette envergure. Tout SOWETO était dans un véritable chaos en l'espace de quelques minutes après que karaba et moi avions ordonné sa mise à mort. Néanmoins, tout était revenu à la normale. Un calme regagnait le village. Après avoir échangé avec lui, Amandla sort du palais royal puis il se dirigeait chez lui. Je lui ai libéré car pour moi c'était impossible de le retenir prisonnier avec ce qui venait de se passer. De mon côté, j'ai décidé de rejoindre la reine Karaba et le féticheur du palais royal car ils m'attendaient. Arrivé à leur niveau, le féticheur à voulu connaître la façon dont les choses se sont passées entre Amandla et moi et Karaba pensait que j'avais neutralisé enfin ce garçon mystérieux. Je leur ai répondu que j'ai du le laisser partir puisque je n'avais pas le choix. Karaba était furieuse. Elle s'est mit à me juger. Elle n'était pas d'accord. D'après elle, on pourrait contrôler la situation même en le retenant prisonnier.
_ Tu ne vas quand même pas me parler de cette façon. Tu as vu la façon dont les choses ont chamboulées à partir du moment où nous avons condamné ce garçon. Tu étais restée les bras croisés sans agir. Je n'avais pas le choix. Je devais faire quelque chose pour l'intérêt des habitants de ce village. (Disais-je)
_ Si le vent s'est transformé en ouragan et que les animaux ont envahi la peuple puis le ciel s'est assombri aux environs de 12 heures, après votre condamnation à mort de ce garçon, laissé moi vous dire qu'Amandla n'est pas un être humain naturel. (Disait le féticheur)
_ Exactement. Ce gamin possède assez de forces surnaturelles en lui. (Répondais-je)
_ Qu'il soit puissant ou pas je sais qu'il n'est pas imbattable. (Rétorquait la reine Karaba)
A la fin de ses mots, elle quittait la cour royale pour rejoindre sa chambre. Karaba ne cessait de me saouler à certains moments avec ses exigences. J'avoue que parfois je n'arrivais plus à la comprendre. Après avoir échangé avec le féticheur du palais royal, je suis également rentré à l'intérieur de la maison.
(Amandla )
Ce n'était pas le bon moment pour me battre contre le roi ZUZU. J'ai du changer de plan en décidant de rentrer chez moi. Je ne savais pas ce qui m'attendait mais j'étais certain que j'allais m'en sortir. Je remerciais les divinités qui ont œuvré également pour ma libération. Je marchais tranquillement tout en rentrant à la maison. Je n'avais rien à craindre car je savais que mon sort n'était pas entre les mains de l'ennemi. Sur ma route, je rencontrais Victoria SHAKA. Elle était surprise de me croiser et moi de même. Elle m'a demandé ce qui s'était passé au palais puisque j'ai été arrêté sous ses yeux. Je ne lui ai pas répondu. Je continuais ma route jusqu'à ce qu'elle ait eu l'audace de m'arrêter.
_ Pourquoi tu es si dure avec moi ? Je comprends que je ne te plais pas du tout. Mais est ce que tu vas longtemps m'ignorer ? (Demandait-elle)
_ Victoria je n'ai rien à te dire. Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille s'il te plaît. Essaie de continuer ta route paisiblement et je ferai pareil. (Répliquais-je)
_ C'est ce que tu désires ? (Demandait-elle)
_ Oui. J'aimerais vraiment que tu me laisses tranquille. (Répondais-je)
Sans ajouter un mot de plus, elle s'en alla. J'étais enfin soulagé de l'avoir échappé. Cette fille m'agaçait à chaque fois qu'elle m'adressait la parole. J'ai repris ma route jusqu'à ce que je sois arrivé chez moi. L'oncle Sam était là et il découpait les viandes. Il était surpris de me revoir. Il s'est avancé vers moi puis il m'a enlacé dans ses bras. Il y avait tellement de viande à découper qu'il ne pouvait pas le faire tout seul. J'ai décidé alors de l'aider. Mais avant, il m'a bien accueilli. Je pouvais voir dans son regard qu'il s'était inquiété pour moi. Après nos salutations, il m'a reproché mon comportement et de mon côté je me suis excusé.
_ Mais d'où sors-tu toutes ses viandes ? (Demandais-je)
_ Plusieurs animaux nous ont envahis. J'en ai profité pour en capturer assez avant qu'ils ne regagnent la forêt. (Répondait l'oncle Sam)
_ Ok. Tu as eu de la chance cette fois ci. Alors mettons nous au travail. (Rétorquais-je)
C'était ainsi que les retrouvailles se sont passées entre l'oncle Sam et moi. J'étais heureux de revenir à la maison.
( La reine Karaba )
_ Je n'arrivais pas à le croire. Comment tu peux te laisser influencer par ce jeune homme. Un homme que nous avons eu de la peine à rechercher et qui s'est lui même amené à nous. Tu décides de le laisser partir parce qu'il te fait peur. Le comble est qu'il est un gamin en plus. Avec tous les efforts que nous avons consentis pour le rechercher sans succès ? Sincèrement tu me déçois ZUZU. (Disais-je)
_ Avec quoi voudrais-tu que j'affronte ce gamin ? Tu as vu l'étendue de ses pouvoirs ? Tu as vu le chaos qui s'est abattue sur notre village quand on l'a condamné ? Pourquoi tu essaies de faire semblant et de simplement me juger ? J'ai dû faire ce qui serait mieux pour notre village et tu le sais bien. (Répliquait ZUZU)
_ D'accord. Je te comprends. Mais j'espère que tu es d'accord avec moi sur le fait qu'il doit mourir ? (Demandais-je à nouveau)
_ Oui mais cela serait une lourde tâche à accomplir. (Répondait ZUZU)
_ Est ce que tu me fais confiance ou pas ? On dirait que tu doutes énormément de la force du diable que nous vénérons. Nous sommes plus forts que lui. Nous allons nous attaquer à ce garçon mais avant, nous allons faire certains rituel. Je vais invoquer Lucifer même en personne. Nous allons mettre la main sur Amandla. (Disais-je)
_ Si tu es certaine de ton coup alors je te soutiens. (Répondait le roi ZUZU)
Comme je sais le faire si bien, j'ai encore réussi à convaincre le roi ZUZU. Cette fois ci je préparais la mise à mort d'Amandla. Ce garçon était un véritable obstacle pour le roi ZUZU et moi. Il faudrait qu'on se débarrasse de lui le plus vite que possible. Même si je savais que la tâche ne sera pas du tout facile.
A suivre