I. LA BOHÊME Comment exister grâce à la littérature. En route pour Tiflis[39] à califourchon sur une pièce.Si d’aventure on me demandait ce que je mérite, je répondrais comme à Dieu tout-puissant : je mérite les travaux forcés. Au demeurant, ce n’est pas à cause de Tiflis, où je n’ai rien fait de répréhensible. Mais de Vladikavkaz[40]. Je vivais mes derniers jours à Vladikavkaz, et voici que le terrible spectre de la famine (« Le terrible spectre », quel lieu commun !)… Et puis, on s’en moque ! Ces notes ne seront jamais rendues publiques. Donc, comme je disais, le terrible spectre de la famine frappa à la porte du modeste logement qui m’avait été ordonnancé par l’Administration. Juste derrière le spectre, ce fut l’avocat Guenzoulaev, un brillant personnage à la moustache taillée en br

