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1115 Words
Hari L'Empire State Of Mind Restaurant. Créé par Frédéric Hosmann, l'un de nos meilleurs amis il y a deux ans. Lewis, Eleanor et moi avions été conviés à l'inauguration. Soirée et nuit de folie, c'est le cas de le dire. Il s'agit d'ailleurs de l'un des restaurants les plus en vogue au sein du gratin new-yorkais. Mais connaissant Bree et vu sa personnalité, elle n'en a probablement jamais entendu parler. Cela se voit à la façon dont elle contemple la pièce autour de nous d'un air curieux. Certaines personnes auraient probablement été là à s'exclamer « Mon Dieu je suis à l'Empire State Of Mind Restaurant » tout en prenant des photos pour les réseaux sociaux, mais pas elle. Bree fait plutôt partie de ces personnes qui vivent l'instant présent avec intensité et qui se fient plus à leur mémoire pour créer des souvenirs, qu'à des photos qu'il n'est pas impossible de perdre ou de supprimer par accident. — Hazz, tu sais si Fred sera là ? me demande Lewis. Je secoue la tête chassant mes pensées dans un coin de ma tête. J’attrape ma coupe de Cristal Roederer et en prends une longue gorgée, avant de répondre : — Etant donné qu'il s'agit d'une soirée caritative, je pense que oui. Mais cela m'étonnerait que nous réussissions à le voir vu le monde qu'il y a. — Oui, pas faux. Voilà ce que c'est que d'être amis avec des personnes influentes et faisant partie de la haute, ou plutôt de la « Nouvelle Haute », comme j'ai tendance à nous surnommer parfois. Frédéric est vraiment un mec bien. Lewis et moi le connaissons depuis nos années fac, si ce n'est avant. Il organise souvent des soirées caritatives ou privées pour des anniversaires ou des mariages, notamment. Il s'est toujours démené comme un malade pour se démarquer des autres et heureusement pour lui, cela a fini par marcher. Je suis une fois de plus tiré de mes pensées, cette fois-ci par la conversation entre Bree et Eleanor, qui lui raconte qu'elle a obtenu son diplôme de sociologie et politique à l'Université de Manchester avant de travailler comme mannequin et de rencontrer Lewis. Bree acquiesce, un sourire au coin des lèvres. Elle me jette un coup d'œil furtif auquel je réponds d'un clin d'œil taquin et joueur. — Et vous deux alors ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Shoot. Bree émet un petit rire nerveux tout en s’humectant les lèvres. — Eh bien… Un bruit sonore retentit l’interrompant en plein milieu de sa phrase. Sauvés par le gong. La réponse attendra. Pour le moment il est temps pour tous les couples présents de regagner la piste de danse pour l'ouverture de la soirée. Je me lève de mon siège et offre mon bras à Bree, qui s’en empare non sans me lancer un regard à la fois curieux et interrogateur. — Première danse, je lui explique. — Tu ne m'avais pas dit que nous devrions danser devant tout le monde. — Cela me paraissait logique. — Hari…, soupire-t-elle en levant les yeux au ciel. Je souris, amusé malgré moi par son exaspération presque théâtrale tandis que nous atteignons la piste de danse. Je me place face à elle, ma main gauche sur sa taille et la sienne dans ma main droite. Elle place sa main droite sur mon épaule et plonge son regard dans le mien. La musique retentit autour de nous. Nous nous laissons aller, mon corps guidant le sien. — J'ai l'impression d'être comme l'une de ses jeunes filles sorties d'un conte, dit-elle dans un petit rire, ou d'un roman cela dépend de l’histoire que l’on prend en considération. — Une princesse du vingt-et-unième siècle, je la taquine. — C'est une façon de voir les choses oui. (Elle regarde furtivement sa robe avant de se concentrer à nouveau sur moi.) Quoique les princesses ne sont pas supposées porter des robes aussi courtes, ajoute-t-elle. Je rapproche mon visage du sien, mes lèvres à seulement quelques centimètres des siennes. — Tu n’as pas idée de toutes les choses coquines que cette robe me donne envie de faire avec toi, je souffle d’une voix rauque. Elle frémit. Nous échangeons un b****r discret puis je me redresse un peu, le dos droit. Nous continuons de valser en silence, perdus dans notre petite bulle de confort au milieu des autres couples. Ce n'est qu'une fois la musique terminée que nous revenons à la réalité, toujours enlacés. Je l’accompagne jusqu’aux toilettes et l’attends devant la porte, malgré mon envie irrépressible de jouer au polisson. Je sens mes lèvres s’étirer en un sourire niais tandis que des images de notre danse se rejouent dans mon esprit. Sans grande surprise, la soirée semble plutôt bien partie. Du moins, c'est ce que je pense jusqu'à ce qu'un fantôme du passé ne décide de venir me tirer de ma rêverie. Un fantôme du passé que je rêverais de pouvoir encastrer dans le mur si cela était possible. — Hari, ça faisait longtemps ! Comment vas-tu ? Dan Stevenson. L'un des nombreux anciens amants de Gwenaëlle qui vient se soucier de moi, après avoir mis le bazar dans ma vie. Comme c'est touchant. Je le salue froidement : — Dan. Ça va, merci. (Connard.) Et toi ? Un sourire narquois vient étirer ses lèvres. Ce que j'aimerais pouvoir lui coller mon poing dans la figure. — Je vais bien. Je suis venu avec ma petite amie. — Ah. Qu'est-ce que cela peut bien me faire de savoir avec qui cet abruti est venu ou pas. — Et toi ? Tu es ici tout seul ? Je prends une grande inspiration et m'humecte rapidement les lèvres. Pour vu que Bree ne revienne pas des toilettes tout de suite. — Je suis venu avec Lewis, Eleanor et ma nouvelle stagiaire. — Nouvelle stagiaire ? Pourtant il me semblait avoir lu quelque part que vous entreteniez bien plus qu'une relation patron/stagiaire, me nargue-t-il. Il me donne un coup de coude complice, comme si lui et moi étions les meilleurs amis au monde alors qu'en réalité, je le méprise au plus haut point et réciproquement. Il a beau le cacher, je sais pertinemment qu'il m'en veut pour tout ce qui s'est passé avec Gwenaëlle. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est prêt à tout pour me faire chier jusqu'à la moelle, surtout s’il s’agit de balancer des anecdotes croustillantes sur ma future ex-femme et moi. — Ecoute Dan. Tu sais très bien… — Hari ? Je sursaute et me retourne, le cœur battant. Bree nous rejoint. Du coin de l'œil je peux voir le visage de Dan s'illuminer d'un sourire malicieux. Et merde. p****n de Karma. ** ** ** ** **
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