XILes pensionnaires du docteurLes clients de feu le docteur Raymon étaient de singuliers malades : savant, riche, bienfaisant et surtout original, il n’acceptait pas indifféremment tous ceux pour lesquels on venait frapper à sa porte, il renvoyait poliment à ses confrères les fous furieux, vulgaires, hébétés ou incurables. Ce qu’il lui fallait, c’étaient les curiosités de la folie humaine, les monomanes dont l’infirmité intellectuelle ne portait que sur un point, les hommes à idée fixe qu’une étude attentive et un traitement ingénieux pouvaient peu à peu rapprocher de la grande famille des gens que l’on est convenu d’appeler raisonnables. On comprend tout le parti qu’il devait tirer, dans ce travail à la fois médical et psychologique, des facultés de voyante qu’il avait découvertes chez Is

