Le matin était gris et lourd.
Les rues de Tokyo semblaient pleurer, ou peut-être pleurait le ciel pour ce qu’il s’apprêtait à se produire.
Hana était sortie quelques minutes pour acheter du pain et du lait. Une simple course, mais pour elle, chaque pas hors de leur appartement était une aventure sous tension.
Akihiro l’accompagnait à distance, silencieux, discret, mais chaque regard qu’il lançait vers elle pesait comme un avertissement invisible à quiconque pourrait s’approcher.
Lorsqu’elle s’éloigna de quelques pas, son téléphone vibra.
Un message, bref :
Il est là. Tu es observée.
Hana sentit un frisson glacé.
Elle leva les yeux et aperçut un homme au coin de la rue, encapuchonné, immobile. Il la regardait. Trop longtemps. Trop attentivement.
— Akihiro… murmura-t-elle.
Il surgit presque derrière elle, saisit sa main et la fit se glisser derrière un coin de bâtiment.
— Ne bouge pas, murmura-t-il.
L’homme fit un pas en avant. Trop audacieux.
Akihiro l’intercepta en un mouvement fluide, le saisit par le bras et le repoussa contre le mur. Le contact dura à peine une seconde, mais Hana sentit l’intensité dans chaque geste.
— Tu me comprends ? dit Akihiro d’une voix glaciale.
— Je ne touche pas à ce qui m’appartient.
L’homme pâlit, recula, et finalement disparut dans la foule, sans un mot.
Hana respira lentement, le cœur battant à tout rompre.
— C’était… dangereux… murmura-t-elle.
Akihiro la regarda, son visage à la fois fermé et intense.
— Tu n’as rien. Tu es à moi. Et tant que je respire… personne ne t’approchera.
— Même si tu devais… te battre ?
— Même si je devais briser le monde pour ça.
Hana sentit son souffle se couper, mais il y avait quelque chose de rassurant dans cette certitude.
Elle se laissa prendre par la main d’Akihiro, silencieuse mais entière.
Ils rentrèrent à l’appartement, mais le calme était illusoire.
Chaque ombre, chaque bruit, chaque personne dans la rue était désormais suspecte.
Le soir, Akihiro verrouilla toutes les portes, vérifia les caméras et s’installa près de la fenêtre avec un regard intransigeant sur la ville.
Hana vint s’asseoir à côté de lui.
— Tu es épuisé, dit-elle doucement.
— Je ne peux pas l’être. Pas tant que tu n’es pas en sécurité.
Elle posa sa tête sur son épaule. Le poids de sa vigilance, de sa possessivité silencieuse, était lourd mais réconfortant.
— Je comprends, murmura-t-elle.
— Mais je ne peux pas m’y habituer, dit-il.
— C’est normal, Akihiro.
Il la serra contre lui, un geste qui n’était pas possessif, mais définitif.
— Personne ne te fera de mal.
— Personne, répéta-t-elle avec lui.
Et dans cette étreinte silencieuse, Hana comprit quelque chose de nouveau :
cet homme froid, distant pour le monde entier, était prêt à tout sacrifier, jusqu’à sa propre vie, pour la garder à ses côtés.
Pour la première fois, la menace n’était plus abstraite.
Elle était réelle.
Mais elle n’avait plus peur.
Pas tant qu’Akihiro était là.
Si tu veux, je peux continuer avec Chapitre 14 — L’ombre persiste (la menace devient directe, quelqu’un attaque leur intimité ou tente une approche plus audacieuse), ou un chapitre plus romantique et passionné pour approfondir le lien.