Le matin s’était levé sur une ville noyée sous un ciel d’un gris d’acier, une chape de plomb qui semblait vouloir étouffer les gratte-ciel. Dans l’habitacle silencieux de la voiture qui me menait vers mon destin, je fixais mon reflet dans la vitre fumée. Je ne me reconnaissais qu’à moitié. J’avais troqué mes tenues habituelles pour une armure : un tailleur sombre, une jupe crayon si ajustée qu’elle m’obligeait à une démarche droite, presque rigide. Sous ce tissu austère, je sentais le contact de ma lingerie en dentelle noire contre ma peau, un secret dérisoire qui me rappelait ma propre vulnérabilité alors que je m’apprêtais à entrer dans l’antre du monstre. Mon doigt gauche, là où le diamant colossal d’Alessandro aurait dû briller, me semblait étrangement léger. Je ne portais pas la bagu

