Les rires reprirent de plus belle derrière moi, plus stridents, plus cruels. Sofia ne me jeta même pas un regard, trop occupée à flatter une influenceuse locale. Bianca était trop invisible, sans doute terrée dans la bibliothèque, loin de cette mise à mort psychologique. Je ne répondis pas. Je n'avais plus de mots, plus de souffle. Ma gorge était un nœud serré de sanglots refoulés. Je fis demi-tour et m'élançai vers le grand escalier de marbre. Mes talons, bien que plats, semblaient marteler le bois avec une fureur désespérée, chaque pas résonnant comme un cri dans le silence feutré de l'étage. Je ne voyais plus les tableaux de maîtres qui ornaient les murs, ni les tapis de soie. Mes larmes brouillaient tout, transformant le luxe du manoir en une prison floue et dorée. J'atteignis ma

