Le manoir Miles semblait avoir perdu ses murs pour devenir une arène sans issue. Chaque détail de la pièce, du lustre en cristal dont les gouttes de verre tremblaient au moindre souffle, jusqu’au grain du bois sombre de la table, me rappelait ma condition de proie. Le dîner n’était plus un repas, c’était une exécution lente et méthodique. L’air était saturé par le parfum boisé d’Alessandro, une odeur qui m’enveloppait comme un linceul et qui me donnait l’impression que chaque bouffée d’oxygène m’était désormais accordée par sa seule volonté. J’étais assise, coincée entre le velours rigide de la chaise et la présence écrasante d’Alessandro. Sa main, lourde et possessive, était ancrée sur ma cuisse. Ses doigts, longs et fermes, exerçaient une pression insupportable à travers le tissu de ma

