-Pascale
Avant on avait des coupures d’eau de midi à 14h, maintenant on n’a l’eau que de 11h à 14h. Obligée de stocker de l’eau dans des récipients. Après on va faire le bruit aux gens ba campagne contre le paludisme. Les seaux d’eau qu’on stocke la ne sont des endroits propices à la reproduction des moustiques ?
Là encore ça va, Anita est en vacances. Mais quand elle va reprendre les cours. Qui va remplir les récipients de 11h à 14h ?
Moi : utilise l’eau qui a trop duré pour laver ton linge. Comme ça on va laver les bidons pour les remplir de nouveau.
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Anita : je veux aller me recueillir sur la tombe de mémé.
Moi avec ironie : tiens donc ! Je pensais que tu l’avais oubliée.
Anita : …
Moi : toi qui voulais abandonner ton examen pour aller enterrer ta grand-mère, je me suis dit que dès que l’école fermait tu devais y aller. Hun ? Là tu pouvais attendre le départ de ton copain.
Anita : parce qu’elle est déjà enterrée.
Moi : mais quand tu voulais y aller est était déjà morte non ? Où est la différence entre dire au revoir à un cadavre dans le cercueil et dire au revoir à un cadavre sous terre ? Où est la différence Anita ?
Anita : …
Moi : il faut souvent savoir où sont ses priorités. Tu ne vas pas rater un entretien d’embauche parce que je suis morte, ça ne me fera pas revenir. Tu ne vas pas t’endetter pour me faire des obsèques de luxes, ça ne me mènera pas au paradis.
Anita en grimaçant : est-ce qu’on parle de toi ?
[Silence]
Moi : on ira la semaine prochaine quand je prendrai mes congés.
Anita : d’accord !
A peine a finissait notre lessive que l’eau se mit à sortir des robinets. On a nettoyé les récipients et les avons remplis.
Anicet : kô kô kô ? Pascale est là ?
Je n’ai même pas répondu, il m’a trouvée tout seul.
Anicet : bonjour.
Nous : bonjour.
Anicet : c’est comment vous gaspillez l’eau ?
Nous : …
Anicet : Anita va me prendre une bière au bar.
J’ai continué à nettoyer mes récipients. Ça s’est mal passé entre nous au décès de maman donc je ne suis même pas dans son cinéma qu’il fait la.
Anicet : moi je suis venu pour te voir par rapport à la maison de maman.
Moi : …
Anicet : c’est moi le garçon, je suis appelé à fonder ma famille dont j’aurai la responsabilité. C’est pour ça que la maison de maman doit me revenir.
Moi : Anicet tu n’as pas honte hein ? Tu n’as pas honte ? Le seul garçon, même si tu es le dernier, tu es le seul garçon. Comporte-toi un peu comme un homme. Pauline t’a tiré ton studio sur son terrain, tu veux la maison des parents pour faire quoi sachant que tu n’as qu’un enfant ?
Anicet : mais quand j’aurai ma femme ?
Moi : pardon je ne veux pas le bruit avec toi. Moi aussi j’ai besoin d’argent sinon je ne serai pas en train d’attendre l’Etat pour finir ma maison. Le loyer sera divisé en 3 : toi, moi et les enfants de Pauline. Si Rachelle reviens, on se partagera en 4.
Anicet tapant sur le mur : je ne suis pas d’accord !
Moi : eh ! Eh ! Eh Anicet ! Tu ne cries pas, pire ne tapes pas du poing devant moi. Je suis ta grande sœur.
Anicet : grande soeur de la sorcellerie ? Toi-même tu vis dans la grande maison et moi je dois vivre dans un cagibi ?
Moi me levant : mais va chercher aussi ta maison. Va construire pour toi. La maison la je l’ai faite sortir de terre avec MON argent, MON salaire. Je ne t’ai pas empêché de faire quelque chose de ta vie tu m’entends ? Tu veux prendre la maison ? Tu ne penses même pas aux enfants que ta sœur a laissés. Cette sœur qui jusqu’à sa mort s’est toujours occupée de toi.
Femme, foyer, famille, au lieu de chercher à arranger ta vie c’est ce qui t’intéresse. Tu vas fonder ta famille sur le dos des gens ?
Anicet : je vais convoquer une réunion de famille !
Moi : va ! Va ! J’attends la convocation la ici. Toute ta vie qu’emmerder les autres. “C’est moi le garçon” “c’est moi le garçon” f**n f**n f**n f**n f**n, f**n f**n f**n f**n f**n. Incapable de protéger tes sœurs et tes neveux, la bouche seulement comme “c’est moi le garçon.
C’est toi le garçon mais se sont toujours tes soeurs qui doivent s’occuper de toi. Jusqu’à quel âge ? La maison de Pauline tu vas dans le dos des gens récupérer le loyer sachant qu’elle a laissé 7 enfants derrière elle.
Anicet : mais ils sont chez leurs pères non ?
Moi m’énervant sérieusement : oh ferme-moi ta gueule ! C’est la maison de leur mère, l’argent du loyer leur revient pas à toi.
Anicet se levant : j’attends seulement la réunion de famille.
Regardez moi un imbécile ! Un parasite ! Un rat ! Les pieds comme la route de Mimongo. Tchip !
-Damien
Je suis encore en famille d’accueil, le temps de trouver mon appartement. Je m’y attelle tous les jours. Dans la maison il y a 4 étudiants et le couple qui nous accueille. On se croise dans la maison mais sans plus. L’une des colocs est en vacance à Marrakech et l’autre (le garçon) est tout le temps dehors ou bourré. Du coup il n’y que les nouveaux (la dernière fille dont j’oublie toujours le nom et moi).
Le ménage et le l’entretien du linge est pris en charge dans le loyer. La cuisine je me débrouille mais pour la plus part je me prends à manger dehors.
[TOC TOC]
Moi en baissant le volume : oui ?
La porte s’est ouverte et la tête de l’autre colocataire est entrée dans la pièce.
Elle : je peux ?
Moi mettant un teeshirt : ouais.
Elle : tu ne regardes pas le match ?
Moi : si, c’est ce que j’attends devant l’ordi.
Elle : je peux regarder avec toi ? J’aime pas regarder le foot seule.
Moi : une amoureuse du ballon rond ?
Elle : une fanatique !
Ouais c’est ça ! Et quand tu vas demander quelle est son équipe préférée, elle va te sortir “Réal” ou “Barça”. Les meufs qui suivent juste le mouvement.
Moi : bah on va aller le regarder à la télé.
Elle : ok !
Je n’allais pas l’installer dans ma chambre quand même.
La meuf avait carrément préparé un plateau d’amuse-gueule pour regarder le match. Et la tenue qu’elle portait… hum !
Elle : c’est laquelle ton équipe préférée ?
Moi : AC Millan ex æquo avec United Manchester.
Elle : moi c’est le grand Barça.
Évidemment !
Le match a commencé, Olympique Lyonnais vs Tottenham. Je ne supporte personne mais j’aime le sport. Je regarde absolument tous les sports avec une préférence pour le tennis.
L’autre la n’a pas arrêté de s’agiter devant moi. Je l’ai simplement ignorée et à la fin de la partie je suis retourné dans ma chambre.
Elle : mais reste un peu au salon. Tous les jours dans la chambre.
Moi : je vais appeler ma femme excuse-moi.
A peine je refermais la porte que mon téléphone sonnait. Mon cousin était en bas. Je lui ai ouvert.
Pierrick fixant ma coloc: mais présente nous.
Moi : Pierrick, mon cousin. L’une des colocataires.
Elle : Sylvia.
Moi : voilà !
J’ai pris des verres ainsi que le sachet de boisson et nous sommes allés dans ma chambre.
Pierrick : petit tu caches de bonnes choses chez toi.
Moi : pff ! Cacher ? C’est parce qu’elle vient d’arriver que tu ne la connais pas encore sinon ce n’est pas le genre à rester “cachée”.
Pierrick : tu m’as l’air tendu. Qu’est-ce qu’il y a ?
Moi : ça me fait iech d’être là quoi. Loin de ma famille, de ma meuf.
Pierrick : laisse, c’est parce que tu es encore nouveau. Quand le Maroc t’aura bien pris tu vas changer de discours.
On est allé s’inscrire à la salle de gym où on a transpiré 30mn.
Moi : comment tu fais pour supporter la distance ?
Pierrick : les sentiments mon petit.
Moi : mais tu aimais aussi ton ex qui aimait les bagarres la non ?
Pierrick éclatant de rire : c’était la jeunesse. Cette histoire la j’ai aussi compris que la maturité joue pour beaucoup. Aujourd’hui je suis occupé à monter mon business, honnêtement je n’ai pas le temps ou l’énergie à dépenser dans les femmes. Avec tous les problèmes que j’ai en tout cas.
Moi : …
Pierrick : communiquez énormément c’est ça le seul conseil que je peux te donner. Mais ne l’étouffe pas, aies confiance en elle. Si elle te dit qu’elle est occupée ne t’imagine pas qu’elle est avec un autre.
Moi : j’ai pleinement confiance en elle.
Pierrick : c’est déjà ça. Le reste ne dépend que de vous.
Moi : merci.
J’aime pas être là. Je n’ai jamais été séparé de ma famille, du moins mes sœurs. On était tout le temps ensemble. C’est dure, sérieux c’est dure.
**Deux semaines plus tard**
Sylvia : tu as de long doigts dis donc !
Moi : …
Sylvia se mordant les lèvres : il parait que les long doigt sont signe de…
Moi : honnêtement Sylvia lâche l’affaire ! Je ne suis pas intéressé.
Sylvia : j’ai compris que tu as ta “femme”. Je ne cherche pas le mariage.
Moi : ça ne m’intéresse pas. Tu ne m’intéresses pas. Je n’aime pas les filles vulgaires, sans éducation ni classe.
Sylvia vexée : ne m’insulte pas !
Moi : si c’est la seule façon de te faire comprendre une bonne fois pour toute que je ne suis pas intéressé.
Sylvia me fixant : tu n’es là que depuis un mois, j’attends l’hiver ici là. Je vais tellement te b****r que tu vas enlever ta queue pour me donner -elle a tourné ses talons- fidélité de mon c*l.
Je suis resté choqué par ce que je venais d’entendre. Cette fille est malade !
-Anita
Maman m’a laissée un peu d’intimité avec ma grand-mère. Je me suis assise sur la tombe et là les mots ont disparu. Je ne savais plus quoi dire.
Moi : Adélaïde tu m’as laissée ? N’est-ce pas tu as dit que tu devais inviter Fally Ipupa à mon mariage ? Qui va maintenant le payer ? Tu n’as même pas bu le vin de mon bac.
Je me suis arrêtée pour maîtriser mes émotions.
Moi en larmes : je ne t’ai pas présenté Damien. C’est un garçon bien, il me respecte énormément. Mais tu connais ta fille ? Elle ne l’apprécie pas. En même temps sa mère aussi ne m’apprécie pas non plus… la dernière fois elle a voulu me faire sortir de chez elle toute nue, Damien a pris ma défense. Il a pris des gifles pour moi… il n’a pas peur de maman, bien au contraire il l’apprécie.
J’ai pris une autre pause.
Moi après avoir essuyé mes larmes : je l’aime beaucoup… la dernière fois on a failli passer à l’acte juste parce que je voulais me rebeller contre maman. Mais il a été tellement galant mémé, il me respecte tellement qu’il n’a rien fait.
J’ai éclaté en sanglots parce que normalement à ce niveau elle m’aurait sorti une phrase qui m’aurait choquée, mais là elle ne répond pas. Elle ne répondra plus jamais parce qu’elle n’est plus. Elle a le voyage de non-retour.
Moi en pleurant : mémé, ma meilleure amie.
Je me suis allongée sur la tombe et j’ai pleuré. Pourquoi ils partent toujours tous, pourquoi tous ceux que j’aime me laissent toujours ? Maman Pauline, papa, mémé et même Damien (pas mort pas loin).
C’est comme si c’était aujourd’hui qu’on m’annonçait le décès de ma grand-mère. Car depuis que maman me l’avait dit, je ne l’avais jamais autant pleurée que ce jour. Peut-être que c’est parce que je réalisais enfin.
J’ai senti quelqu’un me redresser.
Maman : doucement, calme-toi.
Moi inconsolable : elle aussi elle est partie. Elle est partie comme les autres… elle m’a laissée.
Mes tantes ont dû sortir aider maman à me consoler. Je n’ai pas eu la force ce jour de lui dire au revoir.
**octobre**
Damien au téléphone : ça va ? Tu as pris tes marques ?
Moi : à part l’informatique, tout se passe très bien. Et toi ? Ta nouvelle maison ?
Damien : ça va. Je dois maintenant faire le ménage et la lessive moi-même. Tu verrais les ampoules sur mes mains.
Moi éclatant de rire : tu as refusé que Sylvia le fasse pour toi, que veux-tu ?
Damien : moi c’est pour toi que j’ai refusé hein. Si tu me donnes le feu vert je fonce.
Moi : tu vas me voir assise sur ton lit à 1h du matin, blague avec moi.
Damien mort de rire : petite joueuse.
Moi : je ne suis pas une petite joueuse, je ne joue pas. C’est toi qui a ouvert ta bouche ici pour dire “2 ans sans tricher” il faut assumer.
Damien riant encore plus : oh ! Maintenant tu pètes ?
Moi : je ne suis pas ta grand-mère hein !
Damien : non, tu es ma femme.
Le cœur est trop maboule. Le voilà qui veut fondre.
Damien : elle ne parle plus.
Moi : tu m’énerves !
On a parlé 5mn et il est allé en cours. C’est pas facile mais on fait avec.
-Pascale
Anicet a débarqué dans la maison totalement shooté à je ne sais quelle d****e. Il s’est mis à hurler comme un possédé, ce sont les voisins qui sont venus le faire sortir.
Anicet : ce n’est pas moi qui *va vivre dans la souffrance pendant que tu vis bien ici avec ta fille. Ta fille est là tranquille, la mienne souffre avec son bébé de 2 mois, elle ne va plus à l’école. Jamais Pascale ! Ta sorcellerie c’est pas avec moi. Si mon enfant souffre pour toi ne va pas avoir la paix.
Je ne sais même pas comment je me suis retrouvée sur lui à enfoncer sa tête dans la terre. J’étais comme possédée. Si les voisins ne m’avaient pas retirée à temps, j’aurais tué mon petit frère.
Moi les yeux injectés de sang : Anicet tu touches à Anita je te découpes en petit morceaux. Je n’ai pas envoyé Poupina faire l’enfant, je ne l’ai pas empêchée d’aller à l’école pour qu’elle se retrouve en 1ère à 23 ans. Je suis dans mon coin, je n’embête personne. Mais viens encore menacer de toucher à ma fille Anicet tu sauras ce que l’iboga m’a fait voir et entendre. Approche encore une seule fois.
J’étais vraiment hors de moi. Je tremblais de colère. Il se prend pour qui pour me menacer ?
La solution est simple. On va vendre la maison des parents. Chacun prend sa part et c’est fini. C’est comme ça que la sorcellerie commence.