Ainsi pensait Philippe pendant ses heures de contemplation muette. Forcé dès sa jeunesse de se jeter dans les absorbantes occupations d’une affaire très lourde, il n’avait pas eu le temps d’aller dans le monde. Il était resté très timide. Les femmes en général le troublaient fort. Mademoiselle de Beaulieu, elle, le fit trembler. Il ne l’approcha jamais sans une horrible palpitation. Cette froide et grave Claire n’avait qu’à diriger sur lui ses yeux tranquilles, pour qu’il perdît aussitôt contenance. En gravissant la côte qui conduisait de Pont-Avesnes à Beaulieu, Philippe développait à Suzanne tous ses projets pour l’avenir ; il lui indiquait les réformes qu’il rêvait dans l’aménagement du château, il lui disait enfin combien il aimait sa fiancée. Suzanne, avec un sourire, l’écoutait, ani

