Quelques mois plus tard Sophie et Claire rentrèrent également dans leurs familles. Et l’a guerre cessa faute d’ennemies. Cependant la haine s’était conservée vivace dans le cœur de mademoiselle Moulinet. Elle suivait des yeux ses rivales. À l’Opéra, de la loge de seconde que son père s’était procurée à grand-peine, elle voyait avec colère mesdemoiselles d’Hennecourt et de Beaulieu trôner au premier étage dans une loge entre colonnes. C’était pendant les entractes un perpétuel va-et-vient de cavaliers élégants. Dans le salon du fond on causait, on croquait des bonbons. Chez Moulinet personne : le vide et le silence. Athénaïs se disait : Bien certainement, dans le nombre des visiteurs, il y en aura un qui se déclarera et qui épousera Claire. – La beauté de mademoiselle de Beaulieu était de

