Chapitre 1

923 Words
La nuit descend, épaisse et opaque, Et quelque chose se glisse dans l’ombre. Des murmures, des chocs, des échos sourds Viennent se heurter à vos pensées. Des pas résonnent, où que vous alliez, Même lorsqu’ils semblent très loin. — Nuit d’effroi, par Ivette Coranado — --- Plusieurs siècles passèrent. La petite Raine venait d’être couchée, soigneusement emmitouflée sous sa couverture, après que sa mère lui eut raconté son histoire du soir. Ses boucles noires s’éparpillèrent sur l’oreiller clair tandis qu’elle bâillait doucement, les yeux luttant contre le sommeil qui la gagnait. Elle aurait voulu que sa mère continue de parler, simplement pour entendre encore sa voix, mais la fatigue fut plus forte. Raine Tatum avait huit ans et attendait avec impatience son neuvième anniversaire, prévu dans deux jours. Elle rêvait déjà du gâteau, des bougies et de la journée qu’elle passerait avec ses parents. — Dors bien, Raine, murmura sa mère en déposant un b****r sur son front avant d’éteindre la lumière et de quitter la chambre. — Bonne nuit, maman, répondit la fillette en serrant son ours en peluche contre elle. Quelques secondes plus tard, elle dormait profondément. La maison était plongée dans un silence étrange, presque oppressant. L’obscurité semblait plus dense que d’habitude, comme une brume invisible qui envahissait la chambre. Raine remua légèrement en sentant quelque chose de glacé effleurer ses jambes. À moitié endormie, elle repoussa ce qu’elle pensait être un mauvais rêve et retomba dans le sommeil. Mais la sensation revint, plus forte, plus insistante. Cette fois, une pression ferme se referma autour de sa jambe. Raine ouvrit brusquement les yeux et regarda vers le bas. Deux yeux rouges, brillants comme du sang frais, la fixaient. Un frisson v*****t parcourut son corps. La créature rampait sur elle, lentement. Là où aurait dû se trouver une bouche, il n’y avait qu’une cavité sombre entourée de dents pointues. Des mains glacées remontèrent le long de ses jambes, puis vers son cou, prêtes à se refermer. Un souffle chaud effleura son visage. La terreur la paralysa complètement. Elle voulait crier, mais aucun son ne sortit. Sa poitrine se bloqua, son corps tremblait de façon incontrôlable. L’air lui manquait. Sa vision se brouillait peu à peu. La douleur dans sa gorge et ses poumons devenait insupportable. Elle tenta de se débattre, donna un coup de pied, mais la créature ne lâcha pas prise. Alors que tout devenait noir autour d’elle, la porte s’ouvrit brusquement. — Arrête ! hurla une voix d’homme. Les yeux rouges se tournèrent immédiatement vers l’entrée et la pression autour du cou de Raine disparut. La fillette inspira bruyamment, l’air brûlant ses poumons, puis s’effondra sur le sol, incapable de tenir debout. — Maman… murmura-t-elle faiblement entre deux sanglots. Maman… Elle leva lentement la tête vers l’homme qui venait d’entrer. Il portait un pull sombre et un jean usé. Ses longs cheveux noirs étaient attachés derrière la tête. Mais ce qui la terrifia le plus fut son sourire. Un sourire cruel, révélant des canines anormalement longues. Raine étouffa un cri avant d’éclater en pleurs. — Silence ! gronda-t-il. La petite fille, terrifiée, cria encore plus fort, appelant sa mère sans cesse. — LA FERME ! rugit-il en frappant violemment le tiroir près du lit, qui se brisa en morceaux. Raine inspira brusquement et se glissa en tremblant sous son lit, se recroquevillant sur elle-même, espérant devenir invisible. — Reprends ton apparence, ordonna l’homme. La créature aux yeux rouges grogna. Son corps se déforma étrangement, ses membres se rétractèrent, son visage se remodela. Le trou entouré de dents disparut, remplacé par une bouche humaine aux lèvres moqueuses. En quelques secondes, un homme torse nu se tenait là. Seuls ses yeux rouges restaient inchangés. — Pourquoi m’as-tu interrompu ? demanda-t-il en s’asseyant sur le lit, qui s’enfonça sous son poids. Sous le lit, Raine trembla et laissa échapper un petit cri. C’est la fille que Lucifer cherche depuis cent ans. — Qu’est-ce qui te fait croire que c’est elle ? demanda l’autre homme en plissant les yeux. L’homme aux yeux rouges haussa les épaules. — Elle peut me voir même quand je change de forme. Un humain ordinaire n’aurait jamais pu voir un métamorphe sous son autre apparence. Pourtant, la petite Raine l’avait vu clairement. L’homme près de la porte se caressa le menton, pensif. — Nous allons la livrer vivante à Belzébuth. Un rire sombre remplit la pièce. Le lit vibra sous le poids du métamorphe. — Tu n’as rien compris, idiot. Moi, je vais apporter son corps à Lucifer. Ses mains se crispèrent et des griffes apparurent au bout de ses doigts. — Misérable métamorphe… Je l’ai trouvée avant toi. Belzébuth me paiera pour elle. Le métamorphe rugit et son corps se transforma complètement. — Alors je vais t’envoyer mourir une deuxième fois ! Il bondit sur l’autre homme. Le combat fut brutal. Des craquements d’os, des rugissements et des chocs résonnèrent dans toute la chambre. Sous le lit, Raine serrait ses genoux contre elle, cachant son visage. Elle tremblait sans pouvoir s’arrêter, et les cris de douleur rendaient la scène encore plus terrifiante. Puis, après un long moment, tout devint silencieux. Le silence dura quelques secondes. Soudain, le lit fut soulevé d’une seule main. Raine hurla et tenta de s’enfuir en courant. — Reviens ici, sale gosse, dit l’homme en reprenant son souffle. Belzébuth va me payer une fortune pour toi. Il cracha sur le corps immobile étendu sur le sol. L’homme aux yeux rouges ne bougeait plus, son sang s’étalant en une flaque sombre autour de lui.
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