Chapitre 7

520 Words
Une pluie drue s’abattait sur la ville tandis que Raine poussait lentement la lourde porte noire de l’orphelinat, abri qui l’accueillait depuis presque un an. Privée de famille et rejetée par ceux qui avaient promis protection après sa sortie de l’hôpital psychiatrique, elle avait été confiée à cet établissement jusqu’à sa majorité, seule et silencieuse. Alors qu’elle s’apprêtait à franchir le seuil, une main ferme se posa sur son épaule et la fit pivoter brusquement. Ses yeux croisèrent ceux de l’homme qui la retenait. Une pensée fugace traversa son esprit : « Il est incroyablement beau. » Mais la pluie glaciale et le frisson de la nuit étouffèrent tout sentiment embarrassé. L’homme se tenait devant elle, immense et puissant, sa carrure imposante accentuée par les gouttes qui s’échappaient de ses cheveux noirs et bouclés. Son regard profond, presque hypnotique, semblait sonder Raine, et son aura en imposait avec une force presque tangible. Les lèvres entrouvertes, la respiration de la jeune fille suspendue, elle tenta de se libérer, mais ses efforts restèrent vains face à la poigne ferme qui l’encerclait. Sans un mot, il la rapprocha, la serrant contre lui avec une force surprenante, mais maîtrisée, ses mains couvrant ses épaules avec une douceur paradoxale. — À moi… souffla-t-il à son oreille, et un frisson traversa Raine, un mélange d’appréhension et de fascination. La pluie continuait à marteler leurs épaules tandis qu’elle tentait, encore et encore, de se dégager. Ses bras frappaient et poussaient, mais chaque mouvement semblait renforçer l’étreinte de l’homme. Sa tête se logea contre son épaule, respirant le parfum subtil qui la rendait à la fois calme et éperdue. Dans ce contact, quelque chose de primitif s’éveilla en lui. Des siècles d’existence solitaire paraissaient soudain vides, et la présence de cette jeune fille éveilla en lui une énergie qu’il n’avait jamais ressentie. Son loup intérieur rugissait, stimulé par le lien unique qui les unissait. Il se sentait à la fois vulnérable et puissant, terrifié par l’intensité de ce qu’il éprouvait pour elle, incapable de comprendre la fragilité et la force contenues dans un seul être si jeune et si frêle. Il maudit la Déesse de la Lune pour l’avoir condamné à des siècles sans partenaire, mais en même temps, il lui en fut infiniment reconnaissant : il avait enfin trouvé son âme sœur. La sensation était presque insupportable, un mélange de désir, de protection et de crainte. Un bruit de pas lointain attira son attention. Son corps se tendit, un grognement guttural échappant à sa gorge comme un avertissement. Raphaël s’avança, un parapluie à la main, observant la scène à une centaine de mètres. — Torak… c’est moi… murmura-t-il, hésitant à s’approcher davantage. — Lâche-la. Mais Torak resserra son étreinte autour de Raine, la faisant grimacer. Sa force dépassait ses intentions : il ne voulait pas lui faire de mal, et pourtant, le contrôle de son loup lui échappait. Un instant, il se sentit étranger à lui-même, dominé par cette puissance brute et incontrôlable. — Si tu continues ainsi, tu vas la blesser sérieusement, insista Raphaël en avançant, le ton ferme. — Ta compagne… tu la fais souffrir.
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