III

1735 Words

III– Maintenant ma soupe est trop chaude, gronda la Teuse, qui revenait de la cuisine avec une écuelle, dans laquelle une cuiller de bois était plantée debout. Elle se tint devant l’abbé Mouret, en commençant à manger sur le bout de la cuiller, avec précaution. Elle espérait l’égayer, le tirer du silence accablé où elle le voyait. Depuis qu’il était revenu du Paradou, il se disait guéri, il ne se plaignait jamais ; souvent même, il souriait d’une si tendre façon, que la maladie, selon les gens des Artaud, semblait avoir redoublé sa sainteté. Mais, par moments, des crises de silence le prenaient ; il semblait rouler dans une t*****e qu’il mettait toutes ses forces à ne point avouer ; et c’était une agonie muette qui le brisait, qui le rendait, pendant des heures, stupide, en proie à quelqu

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