Chapitre 8Meï-wû sortit de sa maison et regarda autour d’elle. Redécouvrir son village et la nature environnante était pour elle un plaisir matinal quotidiennement renouvelé. S’appuyant sur son grand bâton, la vieille femme s’éloigna de sa demeure d’un pas lent mais sûr, offrant son regard serein et son sourire édenté à tous ceux, adultes et enfants, qui la croisaient ou la dépassaient en la saluant aimablement. — Bonjour, Meï-wû. — Bonjour, M’bako-yin. Je ne pensais pas que c’était possible, mais il me semble que ton art s’améliore encore. — Merci, c’est gentil. Mais je ne suis plus à l’âge où l’on fait de gros progrès, même si l’on se perfectionne toujours un peu avec le temps. La femme à qui le compliment de Meï-wû s’adressait était assise au soleil, devant chez elle, parmi un amonc

