Mais mama me traverse sans me dire le moindre mot et alla directement dans sa chambre.
J'étais largué par ce qui se passait, je ne comprenais absolument rien. Puis je me suis rappelée de ce serpent. Alors, je sortis rapidement pour retourner sur les lieux, mais que vois-je ? Rien du tout. L'arbre n'y était plus, et d'ailleurs la végétation qui se trouvait déjà à cet endroit on ne pouvait même pas croire qu'il y a quelques jours, c'était propre. Bref, tout avait disparu.
J'étais plus que surprise. Qu'est-ce ce qui se passait ? Je reviens à la maison, je passe par la cuisine mettre un peu de nourriture pour mama dans un plat et je suis allée la retrouver dans sa chambre.
- AURIOLE : Mama ? Je t'ai apporté à manger.
Elle reste silencieuse. Elle est couchée le dos tourné.
- AURIOLE : Mama c'est comment ? Dis-moi, qu'est-ce qu'il y a ? Tu es malade ?
Et c'était en restant le dos tourné, qu'elle essayait de me répondre, malgré elle.
- MAMA : Ah, je vais bien, je suis juste un peu fatiguée.
AURIOLE : Mais tu étais où depuis hier alors ? Je me suis inquiétée. Tu es sortie sans rien me dire.
- MAMA : J'étais... J'étais hein, loin Auriole, j'étais dans un autre village là, je devais rencontrer quelqu'un de toute urgence.
- AURIOLE : Qui mama ? Les mêmes tontons là ? Et tu pars comme ça sans rien me dire tu me laisses, c'est pour que je fasse quoi ?
Elle se retourne et se redresse avant de me dire.
- MAMA : Hum ! Je dis hein Auriole, est ce que tu sais même que je ne serai pas éternelle qu'un jour, je vais mourir. À ce moment que feras-tu puisque je ne serai plus là !? Donc, tu vas rester là assise devant la porte à attendre ma résurrection ? Il faut déjà commencer à entrevoir une vie sans moi Auriole. Tu es entrain de grandir ou bien c'est moi seule qui vois ça.
AURIOLE : Mama, tu vas vivre. En tout cas tu seras encore là quand ça sera le moment de taper ta main sur ta poitrine pour dire aux gens là que ta fille a réussie ! Donc, tu veux rater ça ?
- MAMA : Huum ! Ce n'est pas toi qui décides !
AURIOLE : Peu importe, moi je dis te que tu seras là !
Après ces mots, ma mère m'avait souri avant de me dire.
- MAMA : Ç'a à l'air bon ce que tu as préparé... Donne moi alors que je mange. Mais ne me laisse pas manger seule pars prendre une autre cuillère.
Nous finissons de partager ce repas... Je mets juste le plat à côté du lit pour encore un peu rester avec elle, mais elle me dit :
- MAMA : Laisse-moi alors me reposer s'il te plaît, je suis très fatiguée !
Je suis sortie de la chambre et je l'ai laissée !
Sauf que dès ce moment mama n'était plus sortie de sa chambre, et elle y était restée de nombreux jours durant, c'était à peine si elle se levait pour aller faire ses besoins... Même pour qu'elle se lave je devais la nettoyer avec une serviette.
J'essayais de comprendre mais mama ne me disait rien, aucune explication qui pouvait me faire comprendre la situation du moment...
D'ailleurs, les seules fois où elle ouvrait sa bouche pour me parler c'était pour me dire d'aller lui couper quelques herbes et quelques écorces, que je devais faire bouillir et lui donner pour boire... Et d'autres qu'elle mangeait comme ça.
Maman était tombée malade... Et sa maladie était très grave, je n'avais jamais vu ma mère ainsi, et même si je refusais de l'accepter, ma mère était entrain de mourir à petit feu... Plus les jours passaient, plus elle s'affaiblissait davantage.
J'avais déjà dans les 16 ans à cette époque, et puis un matin, mama avait déjà fait presque 1 an de maladie, je n'avais même plus mis mes pieds depuis à l'école. Alors ce matin-là, j'ai dit à maman qu'elle devait aller à l'hôpital.
Et sa réponse fut
- MAMA : Auriole, je n'ai pas d'argent pour ça. Je sais que tu te fais du souci, tu as même arrêté de partir à l'école, mais ne t'inquiète pas, ces feuilles et ces écorces sauront me soigner. Tu rappelles quand tu es était malade ? Est-ce que je t'avais amené à l'hôpital ? N'est-ce pas te voilà bien portante jusqu'à aujourd'hui ! Ça va aller !
Elle avait réussi à me convaincre, alors je continuais à lui apporter ce qu'elle me demandait chaque fois qu'elle le faisait. J'avais confiance en ma mère.
Mais quand bien même, la réalité ne se cachait pas, mama était entrain de mourir sous mes yeux.
C'était une pensée qui ne me quittait plus, chaque soir avant de me coucher la même question « est ce que mama se réveillera demain » et chaque matin « mama sera-t-elle encore là ce soir ». Je craignais le pire à chaque instant. Si mama partais, que deviendrais-je ? Comment je ferai ? Mama était ma seule famille.
Je n'avais pas de réponse ! Rien de tout ce que mama m'avait apprise du temps qu'elle était très bien portante ne me préparait à une chose. Un soir j'étais près d'elle entrain de la regarder et lui dit
AURIOLE : Mama, qu'est-ce que tu es entrain de vouloir me faire comme ça ? Hein ? Ça fait un peu plus d'un an que tu es malade. Tu m'as dit que les herbes et les écorces que tu prends vont te guérir, mais j'ai plutôt l'impression que ça t'aide à survivre juste quelque temps... Et de quelle façon même. Mama ne me fait pas ça... S'il te plaît, cherche à te relever, tu me fais déjà très peur, je t'en prie mama, guéri !
Elle resta quelque temps silencieux et puis me dit
- MAMA : Bientôt Auriole, bientôt je serai guéri tu verras.
AURIOLE : Si tu meurs aujourd'hui mama, je suis finie ! Je t'en prie rétablie toi, pardon.
- MAMA : Elle essayait toujours de garder son sourire, mais en réalité, moi-même je savais que ça n'allait pas du tout !
Tout le monde au village avait constaté l'absence de ma mère, mais jamais personne ne m'avait demandé quand on me voyait où est ce qu'elle était.
Peur être, savaient-ils ce qui arrivait à ma mère... En tout cas, personne ne me demandait de ses nouvelles. Et seulement pour ça, j'étais furieuse.
Même si elle m'avait ordonné de ne parler avec aucun des villageois, pour je trouvais que la moindre des choses, c'était de prendre de ses nouvelles... Mais rien.
J'étais furieuse contre tous ceux de ce village, car malgré tout j'avais vraiment besoin d'aide, j'avais besoin qu'on m'aide à sauver ma mère à tel point que si quelqu'un était venu proposer son aide, je n'aurai pas hésité et j'aurai même snobé l'interdiction de ma mère si cela pouvait m'aider à la sauver de cette maladie dont j'ignorais la source. Mais non, j'étais seule, et complètement seule.
Je pensais à mon père, et je le haïssais, je le maudissais, je le traitais de tout. J'avais besoin de lui, mais où était-il ? Il jouait sa vie en oubliant qu'il avait gâché celle de ma mère et même maintenant qu'elle était entrain de dépérir il n'était pas... Lui, il avait enterré ma mère il y a 16 ans.
Une nuit, j'étais au salon entrain de pleurer quand j'entendis mama m'a appelé dans la chambre et surprise, je l'ai trouvée assise sur le lit, ça faisait tellement longtemps que cela n'était plus arrivé, que je prise cela pour un bon signe. Puis, elle m'a dit
- MAMA : Je ne veux pas t'abandonner mon bébé, mais il le faut, tu ne me verras plus ! J'ai essayé, mais ils ont finalement eu le dessus... C'est devenu trop lourd à supporter ! Je souffre tellement Auriole ! J'ai mal jour et nuit.
AURIOLE : Mama, je ne suis pas certaine de comprendre ce que tu me dis là... Qui a eu le dessus sur toi ?
- MAMA : Pour l'heure, n'y accorde pas trop d'importance de toute façon tu n'as pas la maturité nécessaire pour comprendre !
- AURIOLE : Mama c'est comment ?
- MAMA : Tu es juste encore très petite.
Mama me parlait bizarrement, elle me disait des choses qui pour moi n'avait aucun sens. Puis, elle continua.
- MAMA : Mais je vais te dire quelque chose, quand j'aurai fini de te parler, je vais me coucher et aussitôt que je fermerai mes yeux, je ne serai plus vivante.
- AURIOLE : Mama non ! Pourquoi tu veux me faire ça ? Pourquoi tu me dis ça ? C'est comment avec toi mama ?
J'étais déjà en larme.
- MAMA : Auriole calme-toi et écoute ce que j'ai à te dire s'il te plaît... J'ai peu de temps.
- AURIOLE : ...
- MAMA : Quand ça sera le cas, il ne faut surtout pas que tu paniques et surtout n'ai pas peur. Tu vas partir derrière la maison, au même endroit où tu as vu cet arbre la dernière fois.
AURIOLE : Mais maman, quand j'étais retournée là-bas, c'était comme s'il n'y avait jamais rien eu à cet endroit.
- MAMA : Vas y seulement ! Tu trouveras là-bas une jeune pousse d'arbres et entourant cet arbre une chaîne comme celui que j'ai ici sur mes reins.
En effet, depuis aussi longtemps que je me le rappelle, mama avait toujours cette chaîne au rein jamais elle ne l'avait enlevé, mais un jour quand je lui avais posé la question de savoir ce que c'était elle m'avait répondu que c'était pour contrôler sa prise de poids. J'avais trouvé sa réponse très logique.
- MAMA : Tu vas la ramasser et tu le mettras ou tu veux soit sur ton poignet sur ta cheville ou même comme moi sur tes reins, tu devras faire en sorte de toujours garder cet endroit le plus propre possible... Et bien-sûre personne ne devra jamais voir cet arbre, et quand je dis personne, c'est personne ma Auriole... Je dis bien personne ! Et autre chose, sur cet arbre, il y aura un creux, et de temps en temps, tu devras venir mettre de la nourriture à l'intérieur. Et aussi il faudra que tu devras également arroser l'arbre tous les jours, peu importe la quantité d'eau, il faut juste arroser même si c'est une seule goûte d'eau.
AURIOLE : Maman, est-ce que ça veut dire que cet arbre sera désormais toi ?
- MAMA : Non ma fille, je serai plutôt le serpent qui vivra dans cet arbre.
- AURIOLE : Hein !?