Le garde forestier et les pâtres vinrent à notre rencontre pour nous aider à porter le chamois. Je ne vous parlerai point des difficultés nouvelles que je rencontrai pour descendre jusqu’à l’endroit où gisait l’animal, de la peine que nous eûmes à le pousser devant nous, tantôt le laissant glisser sur un talus, et tantôt le portant à quatre, tant il était lourd, dans les endroits où nous retrouvions un vestige de sentier. Heureusement je m’étais aguerri, j’avais le pied plus sûr et je descendis avec plus de confiance que je ne l’avais espéré. Nous étions de retour à la nuit tombante au village de La Cluze. Mon frère avait tué deux lièvres et une perdrix blanche. Le chamois fut dépouillé sur le champ, c’était un bel animal un peu plus grand qu’un bouc ; son poil était roux, car nous étion

