M. de la Saulcière, que le silence du jeune Faucon avait singulièrement enhardi, ne se douta point, tandis qu’il raillait, que son adversaire, emporté par un premier mouvement de fureur, songeait à lui casser la tête avec l’un des pistolets qu’il portait à sa ceinture. Heureusement pour lui, Jean réfléchit aussitôt que tuer M. de la Saulcière, c’était agrandir l’abîme que la fatalité creusait entre lui et celle qu’il aimait ; il se contenta de faire un pas en avant et de regarder son ennemi en face. Ce regard éteignit la verve moqueuse du marquis, lequel eût été fort mal à son aise, sans l’arrivée d’un capitaine de la milice grenobloise que suivaient une douzaine de soldats. — Au nom du roi ! dit le capitaine. Jean tressaillit, le marquis respira. — Que voulez-vous ? demanda le jeune

