Le port de Mitaë apparut à l’aube du quatrième jour à la proue du navire. De loin, la cité ressemblait à des pains de sucre blancs entassés les uns sur les autres. La terre était légèrement vallonnée et face aux rivages, sur un îlot de pierre, un phare blanc comme de l’ivoire se dressait, tous fanaux allumés. « Ulutil », murmurai-je. Naïs hocha la tête, le regard apeuré, et posa la main sur le crâne de Rayne. J’avais rêvé des milliers de fois de partir loin d’Asclépion, parcourir le monde, voguer sur toutes les mers. Je ne pensais pas réaliser ce rêve un jour, encore moins de cette façon. Je me contentais de La Ruche et de ses petits méfaits aux coins des rues. Devant nous, pourtant, une terre nouvelle s’étendait à perte de vue, le berceau de l’humanité : Ulutil, la terre de toutes les

